Hier mati n, en marge de la visite du Président chinois à Paris, une signature est passé inaperçue : la Ministre du Commerce extérieur, Nicole Bricq, a signé à Bercy un accord avec le vice maire d'une mégalopole du Nord Est de la Chine. Une grande première qui va permettre à un collectif d'entreprises françaises de montrer son savoir- faire en matière d'éco ville durable.

la france espère rééquilibrer ses échanges économiques avec la chine
la france espère rééquilibrer ses échanges économiques avec la chine © reuters

Comme on dit en Chine, « avec le temps et la patience, la feuille du murier devient de la soie ». Cette signature, c'est l'aboutissement de 6 ans de travail et un vrai cadeau en forme de défi pour les Français.

Le vice-maire de Shenyang, ville de 7 millions d'habitants à la frontière avec la Corée du Nord, vient de leur donner carte blanche pour inventer de A à Z l'équivalent de trois arrondissements de Paris. Un terrain de jeu de 10 km² où il va falloir installer transports, infrastructures, logements, assainissement, une zone de développement à laquelle la municipalité chinoise va consacrer 2,4 milliards d'euros au total.

En sachant que pour l'instant, sur cette partie de ville, vous trouvez un périphérique, 2 routes et 2 lignes de métro en construction. Il y a donc tout à faire.

Les Français vont s'organiser pour répondre à cet énorme cahier des charges de façon tout à fait originale. Les Chinois ont confié les commandes du chantier à une petite entreprise française de 130 salariés, Centuria Capital.

Comme le dit son directeur du développement, Jérôme Delahaye, sera à la fois « le scénariste, le réalisateur et le producteur » du projet. C'est lui qui fera le casting des meilleures entreprises françaises à emmener selon leurs compétences.

On sait déjà que des grandes entreprises du CAC 40 (Schneider, Alsthom et EDF) feront partie de l'aventure. Mais d'autres entreprises innovantes vont pouvoir montrer de quoi elles sont capables. C'est le cas d'Eynesis, par exemple, une sorte d'alchimiste qui sait utiliser des micro algues pour purifier l'eau de ses matières organiques et en faire de l'énergie à la sortie ?

Le comble, c'est que les Chinois donnent ici leur chance à un projet qui n'a pas réussi à voir le jour en France: Vivapolis. Cela fait longtemps que le ministère du Commerce extérieur se bat pour promouvoir l'éco cité française en France et à l'étranger. Il y a un énorme marché à prendre dans le monde, estimé à 50 milliards d’euros d'ici à 2017. Un marché sur lequel les Allemands sont extrêmement bien positionnés.

Pour être dans la course à l’export des compétences françaises, la ministre Nicole Bricq et son bras droit sur ce sujet, Michèle Papalardo, voulaient donc utiliser une ville de l’hexagone comme démonstrateur.

Mais pour cela, il fallait se coordonner avec d'autres ministères et se heurter aux montagnes des règlementations impossibles à contourner.

Les points de blocage étaient tels qu'un délégué interministériel, Roland Peylet, a même été nommé pour identifier les nœuds et rendre un rapport en avril.

En attendant, les Chinois donnent ici doublement leur chance aux Français: des marchés et une vitrine. On en verra les résultats dans 8 à 10 ans. Comme on dit en Chine: « A qui sait attendre, le temps ouvre ses portes ».

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