Le compte à rebours est lancé pour les Encyclopédies Universalis . A compter d’aujourd’hui, il reste 6 mois à cette institution pour se restructurer. Avec 400 000 euros de pertes, elle a été placée en redressement judiciaire. Autrement dit, c’est une épée de Damoclès qui est suspendue jusqu’au 24 mars prochain.

Si je vous demande qui était Damoclès et d’où vient l’expression, que faites-vous ? Vous allez sûrement sur Wikipédia. Evidemment, vous n’allez pas tourner la page du 5ème des 30 tomes de l’Encyclopédie rangés sur les étagères de notre studio 521 pour aller voir à la page des « D ».

30 volumes pour 3000 euros d’investissement. Vous n’êtes pas le seul, tout le monde ne pouvait pas forcément se l’offrir, et n’avait pas forcément la place de la ranger non plus sur près d’un mètre de bibliothèque, ça faisait lourd la culture!

De toutes façons, cela fait 2 ans maintenant qu’Universalis a définitivement enterré sa version papier, au profit d’un abonnement numérique à 49 euros par an. Il faut dire que la chute avait été rude: de 20 000 collections par année, les ventes étaient tombées à 2000.

Le passage au numérique a marché pourEncyclopédia Universalis .

D’autant plus que l’éditeur a su prendre le virage du numérique très tôt: dès 1995, il a lancé son édition sur CD Rom et son site payant en 1999, première transition numérique.

Un chemin d’ailleurs suivi par d’autres: Encarta, vous vous en souvenez peut-être, très populaire chez les jeunes, a été un concurrent sur le même créneau avant de disparaître en 2009. Même chose pour le Quid , qui, lui, s’était dématérialisé un an auparavant.

Et pour Universalis , ça ne se passe pas si mal sur son site payant: 10 millions de visiteurs uniques par an. Une dizaine de milliers d’abonnés, et des articles format e-book vendus de 2 à 10 euros pièce.

Il est vrai que la Fondation Wikimédia, avec ses levées de fonds régulières : 41 millions d’euros sur 2013-2014, et ses millions de contributeurs dans le monde, fait figure de rouleau compresseur. En terme de collecte d’information et de diffusion, la machine semble toute puissante.

Wikipedia Michelangelo
Wikipedia Michelangelo © Wikimedia Commons

Mais ce qui a plombé Universalis, c’est une promesse non tenue du Ministère de l’Education nationale.

Le marché à destination des écoles collèges et lycées pèse un tiers du chiffre d’affaires d’Universalis : c’était 1,5 million d’euros en 2013 et la rue de Grenelle prévoyait d’augmenter encore ses achats en 2015. Mais le revirement a été brusque. Universalis n’a pas eu le temps d’anticiper: les 400 000 euros de déficit viennent de là.

En classe, c’est peut-être bientôt grâce à Wikipédia que les élèves vont donc apprendre que Damoclès était un orfèvre de la Grèce antique.

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