nouvelle fuite radioactive à fukushima après de fortes pluies
nouvelle fuite radioactive à fukushima après de fortes pluies © reuters

Deux économistes japonais viennent de refaire un calcul pour estimer combien a réellement coûté la catastrophe de Fukushima. L’addition est salée ! Si j’osais je dirais même explosive : 80 milliards d’euros, soit plus de 11.000 milliards de yens.

C’est tout simplement deux fois plus que ce qu’avait chiffré le gouvernement japonais, après le séisme il y a trois ans.

Kenichi Oshima, professeur d’économie, et Masafumi Yokemoto, professeur de politique environnementale, se sont associés pour évaluer au plus près les coûts de la catastrophe de 2011. Voici comment ils ont procédé.

Première ligne de dépenses: une cagnotte de dommages et intérêts pour tous ceux qui ont perdu maison et/ou travail dans la région . 35 milliards d’euros versés à TEPCO, la compagnie gérante par l’Etat et les compagnies d’électricité. Mais le plafond de ce fond vient d’être revu : il a dû être doublé.

Deuxième poste essentiel: les frais de décontamination . Il faut assainir les alentours de la centrale, stocker les déchets, démanteler les réacteurs séchages: 26 milliards d’euros.

Enfin après, il y a tout ce qui est administratif, mais qui est aussi lié au raz-de-marée…

Mais le pire est encore à venir pour le contribuable japonais. Il est perdant sur tous les tableaux.

D’abord parce que ses factures d’électricité ne vont cesser d’enfler. Puisque TEPCO va devoir rembourser les sommes prêtées il va se repayer sur la bête, le consommateur.

Pour le citoyen japonais, c’est donc la double peine: ses impôts augmentent pour décontaminer le site et son énergie lui coûte plus chère.

Ensuite, il va falloir de nouvelles installations nucléaires conformes, vérifier la sûreté de celles déjà existantes. C’est un autre coût indirect, mais de taille: 15 milliards d’euros au doigt mouillé.

Conclusion des 2 chercheurs : le prix d’une catastrophe ne cesse de s’alourdir une fois qu’elle est passée.

Heureusement, par solidarité, on va maintenant pouvoir manger du riz de Fukushima puisqu’on nous dit qu’il n’est pas dangereux à la consommation et qu’on peut l’exporter. Vous reprendrez bien un petit bol de riz irradié !

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