Par Dorothée Barba

Dans le monde merveilleux des banques, une année dure 360 jours et pas 365. On appelle ça l’année lombarde. Donc ça y est : 2015, c’est déjà fini !

L’année lombarde, c’est une pratique héritée des banquiers de Lombardie, qui remonte au Moyen Age : cela consiste à calculer le taux d’intérêt d’un prêt immobilier sur 360 jours au lieu de 365. Pratique : 360 jours, ça donne 12 mois de 30 jours en moyenne, les calculs sont simplifiés. Mais cela se fait au détriment de l’emprunteur, et pas de la banque. En réalité, le manque à gagner est très faible, mais c’est surtout une question de principe. Les associations de consommateurs ont alerté à de nombreuses reprises sur cette pratique que beaucoup de banques ont abandonnée, je le précise, et l’année lombarde a même donné lieu à plusieurs condamnations par la justice.

Si votre taux d’intérêt a effectivement été calculé sur 360 jours, vous pourrez intenter une action en justice et obtenir l’annulation du taux qui a été négocié. Mais pas seulement : la justice pourra imposer à la banque d’appliquer ce qu’on appelle le taux légal. Pour vous donner une idée, le taux légal est en ce moment de 0.93%... tandis que le taux moyen de crédit immobilier est autour de 2,20%. Donc si vous avez contracté un crédit immobilier, allez vérifier sur votre contrat. Attention, le délai de prescription est de cinq ans donc pas de procédure possible si votre contrat est plus ancien.

Banques
Banques © MaxPPP/Sebastien Jarry

Côté tarifs bancaires, à quoi doit-on s’attendre pour 2016 ?

Ici, pas de bonnes nouvelles. Le journal les Échos a mené l’enquête, et conclut que les tarifs vont fortement augmenter dans toutes les banques. Les grandes banques vont désormais facturer un service qui était gratuit : le compte courant. Ce sera payant dès le 1er janvier chez BNP Paribas (30 euros par an) et à la Société Générale (24 euros par an). LCL aussi facturera le compte courant au cours de l’année 2016. Même la Banque Postale, réputée peu chère, augmente ses prix en 2016.

L’argument des banques pour justifier ces hausses de tarifs : elles évoquent les moyens nécessaires pour lutter contre les risques de fraudes, et insistent sur la gratuité de leurs services sur Internet : Hello Bank, qui appartient à la BNP, B for Bank, propriété du Crédit Agricole ou encore Boursorama, pour la Société Générale. C’est en effet une alternative pour payer moins cher, mais la plupart du temps, ces banques en ligne exigent un solde minimum sur votre compte en banque. Certaines réclament même un niveau salaire minimum pour pouvoir ouvrir un compte. Bref, la banque sur Internet, ce n’est pas pour toutes les bourses. Les moins riches sont condamnées à rester dans les banques traditionnelles, dont les tarifs explosent.

Mais bonne année quand même. La santé, surtout. Et le pognon, aussi.

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