Le Grand magasin (Bon Marché)
Le Grand magasin (Bon Marché) © florianplag

Aujourd’hui à l’Assemblée nationale sera examiné un projet de loi qui peut sembler à première vue surprenant : la Ministre du Commerce présente un texte pour défendre les commerçants contre leurs bailleurs. En clair, contre ceux qui leurs louent les murs de leurs magasins.

Franchement, qui a envie de défendre les enseignes présentes dans les centres commerciaux ? Qui peut être sensible aux combats des Zara, Gap et autres, souvent les mêmes que l’on retrouve partout à l’heure où ils doivent payer leur loyer ? Qu’ils règlent leur dû comme tout le monde, après tout, c’est normal.

Mais en fait, quand on y regarde d’un peu plus près, le fonctionnement a de quoi être revu.

Maître Emmanuelle Chavance est avocate et travaille sur la question des baux commerciaux. Depuis plusieurs mois maintenant, elle voit les anciens centres commerciaux d’Ile-de-France, les Parly, Vélizy etc., ringardisés par ces tout neufs qui sortent de terre, Beaugrenelle, Aéroville, etc. Du coup, pour que les anciens restent dans la course, les bailleurs rénovent les anciens à tout va et présentent la facture aux magasins :

Cette politique menée par les bailleurs a des conséquences sur le reste de l’économie , car un site qui n’est plus rentable aujourd’hui, c’est un site qui fermera ses portes demain.

Certes, cela ne se fait pas en 24 heures. Là encore, pour qu’un magasin se retire d’un centre commercial, il lui faut négocier pied à pied son départ avec le bailleur (Unibail , Klépierre ou autre), une procédure souvent longue et fastidieuse. Mais un magasin qui ferme, c’est forcément de l’activité et des emplois en moins.

Aujourd’hui il n’y a qu’un seul site non rentable en France pour la plupart des enseignes : l’avenue des Champs Elysées. Mais elles y restent pour la visibilité internationale.

Le rapport de force a changé car les bailleurs font jouer à plein la concurrence. Si Mac Do veut faire baisser son loyer, on menace de faire venir Burger King. Si Zara râle, on propose sa place à Mango, à Etam ou H&M.

Certes, quelques-uns aujourd’hui peuvent forcer la main des bailleurs, comme Apple, que les centres commerciaux s’arrachent, et des marques que vous ne connaissez pas encore comme les vêtements Primark (une espèce de Topshop) par exemple.

Parce que pour attirer le chaland, les centres commerciaux veulent de la nouveauté, à tous prix… Et donc à loyer réduits.

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