Airbus, PSA : la visite en France du président iranien devrait donner lieu aujourd’hui à la signature d’importants contrats commerciaux. Au-delà de la visite d’Etat, la levée des sanctions à l’encontre de l’Iran a déjà créé un cercle vertueux qui entraîne dans son sillage toute une économie.

Un exemple : j’ai rencontré une jeune franco-iranienne qui fabrique des cosmétiques. J'ai choisi d'acheter une crème fabriquée à partir de safran et de pistache perse.

Avant la levée des sanctions, les virements bancaires de France à destination de l’Iran étaient interdits.

La créatrice de cette crème devait donc passer par des intermédiaires plus que louches pour payer ses fournisseurs.

Le montage était le suivant : si son vendeur de safran était endetté auprès d’un entrepreneur chinois, elle payait alors le chinois…et pas son vendeur de safran puisqu’il était en Iran. Et le vendeur de safran était content.

Une forme de troc en somme, ou de commerce triangulaire plus que nébuleux.

Aujourd’hui la jeune femme paie directement ses fournisseurs. Et elle apprécie, dit-elle, d’avoir réduit ses contacts avec certains milieux mafieux chinois ou autres. Sa petite start up, Andishee , décolle maintenant, et Yasmine compte donc, cette année, sur un chiffre d’affaires de près de 100 000 euros.

Un autre secteur propice de développement pour la France c’est l’industrie pharmaceutique.Un des effets de l’interdiction de tout échange bancaire avec la République islamique, c’était la pénurie de médicaments en Iran.

Drapeau iranien
Drapeau iranien © Reuters / Heinz-Peter Bader

Pour y faire face, l’Iran s’était donc mis à fabriquer des copies de médicaments à tour de bras, au point de développer une véritable expertise en matière d’imitation. Mais, évidemment le pays en a profité pour produire lui même, localement. L’Iran possède maintenant 15 laboratoires en biotechnologies.

Le défi pour des Français, comme Sanofi par exemple, sera donc maintenant de vendre leur produit aux Iraniens, sans se faire piller leur méthodologie . Dans ce secteur, l’aide des avocats sera donc précieuse. C’est le cas de deux cabinets français : FTPA ainsi qu’August et Debouzy. Ils sont en train d’y ouvrir des bureaux et ils font figure de pionniers en la matière. Propriété intellectuelle, droit commercial, lever le voile sur le droit local fera partie de leurs grandes missions.

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