C’est l'histoire d'une rupture: celle du Français Renault et de l'Anglaise Caterham, qui devaient ressusciter l'Alpine en 2016, mais que Renault veut désormais réaliser seul.

 grève dans les succursales renault
grève dans les succursales renault © reuters

« Voilà c'est fini ». L'idylle entre le Français Renault et l'Anglaise Caterham aura duré à peine 2 ans. Et pourtant, les fiançailles avaient été belles. Elles avaient eu lieu en grande pompe à Boulogne Billancourt, fin 2012 : Carlos Goshn, le patron de Renault, était venu…

Tony Fernandes, à la tête de Caterham, la petite firme anglaise qui fabriquait la voiture du Prisonnier dans la série, était là aussi ; et il y avait même le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg.

Le plus beau, dans cette histoire c'est que le couple avait un vrai beau projet commun: ressusciter l'Alpine.

L'Alpine vous savez c'est cette petite voiture bleue. Une bombe française sportive, nerveuse, et qui a gagné le championnat du monde des rallyes en 73.

Mais le rêve s'est brisé en route. D'abord parce que la résurrection de l'Alpine, ce n'était pas l'idée de Carlos Ghosn, le PDG de Renault, mais celle de son numéro 2, Carlos Tavares, un amoureux des voitures de sport. Or, Tavares a quitté Renault pour Peugeot en août dernier ; il n'était donc plus là pour porter le bébé.

Ensuite, les désaccords sur la technique, le design et les retards sur le calendrier, ont fait le reste.

C’est dommage, car contrairement à ce que l'on pourrait croire, les petites voitures de sport à 50 000 euros (qui aurait été le prix de l'Alpine) se vendent très bien.

Prenez l'Alpha Roméo 4C: ce petit bolide avec un moteur dans le coffre, produit dans les usines de Maserati à Modène pour le compte de la marque FIAT, connaît un succès incroyable.

Ce modèle de coupé sport « accessible » s'est si bien vendu en 2013, que Fiat a décidé d'en doubler sa production pour 2014.

En prime, elle a été élue plus belle voiture de l'année en janvier dernier.

Alpine avait donc pour objectif de concurrencer ce modèle sur un créneau porteur: la voiture sportive de luxe, mais encore abordable.

Un marché d'autant plus intéressant qu'une Alpine vendue, c'est quand même l'équivalent de plusieurs dizaines de Twingo.

La fin du couple Renault-Caterham ne signifie pourtant pas la fin de la nouvelle Alpine.

Renault annonce que l’Alpine sortira bien de l’œuf en 2016, comme prévu, sauf que l’entrée de l'Anglaise Caterham, dans le capital de Renault, avait aussi pour but et pour intérêt de rationaliser les coûts et de produire la voiture dans l'usine historique d'Alpine à Dieppe, en France. Aujourd'hui, on ne peut que s'attrister de cette séparation et s'interroger sur la rentabilité du projet, ainsi que sur l'avenir du site de production de Dieppe.

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