laurent fabius à bangui pour attirer l'attention sur la crise centrafricaine
laurent fabius à bangui pour attirer l'attention sur la crise centrafricaine © reuters

Le Ministère des Affaires étrangères tend la main aux chefs d'entreprises. Une cinquantaine d’entre eux était récemment reçue au Quai d'Orsay avec pour objectif: leur rappeler que désormais, l'Ambassadeur est là avant tout pour les servir.

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« Un goût raffiné qui charme toujours les invités » : ah, les fameuses réceptions à l'Ambassade. Désormais le charme de l'Ambassadeur devra entraîner des résultats chiffrés.

Le corps diplomatique aura toujours droit aux petits fours et aux chocolats, à une condition: qu'il y ait retour sur investissement pour les chefs d'entreprises qui passent par là.

Avoir le « réflexe économique », c'est ce que Laurent Fabius, ministre des Affaires Étrangères, avait demandé à ses troupes dès l'année dernière devant l'ampleur du déficit commercial français : 70 milliards d'euros annuels. Le réseau des 160 ambassades doit donc faire la preuve de son efficacité pour décrocher des contrats et développer des marchés.

Sauf que sur le terrain, ça ne se passe pas du tout comme ça.

Les chefs d'entreprises, à l'exemple de Patrice Pinsard , deNovecare , dénoncent un vrai parcours du combattant :

Les interlocuteurs de ces chefs d'entreprises qui veulent se développer à l'étranger sont très nombreux, et c’est tout le problème : la Chambre de commerce et d'industrie, les représentants du Trésor, UbiFrance pour les PME, et enfin l'Ambassade, qui marche sur les plates-bandes des 150 experts internationaux de Bercy.

Jacques Maire est directeur des entreprises et de l'économie internationale au quai d'Orsay, un poste créé spécialement en mars dernier. Il souhaite que l'Ambassade traite en priorité les gros contrats :

Cette « diplomatie économique » donne des résultats : la semaine dernière, par exemple, EDF a signé un accord record avec l'Angleterre pour livrer 2 réacteurs nucléaires : un contrat à dix-huit milliards neuf cent mille euros. Mais globalement, le bilan est mauvais.

En avril dernier, la Cour des Comptes a dénoncé le coût du réseau français : 520 milliards d'euros, soit une augmentation de 20% en 5 ans, et des missions pas assez ciblées.

Enfin, au sommet de la pyramide, vous avez aussi des signaux contradictoires : des ministres qui voyagent tous azimuts pour se faire les porte-parole des patrons déboussolés.

A l'étranger, vous retrouvez souvent Nicole Bricq, pour le commerce extérieur, Arnaud Montebourg, au Redressement Productif, Fleur Pellerin nommée ambassadrice de l'Attractivité, et bien sûr, Laurent Fabius pour les Affaires étrangères. Et c’est sans compter les envoyés spéciaux censés travailler pour les entreprises : Jean-Pierre Raffarin pour l'Algérie, Martine Aubry pour la Chine et encore 5 autres pour le Bangladesh, l'Inde ou le Pakistan. Donc, ce n'est peut-être pas très efficace, mais ça fait toujours du monde à recevoir à l'Ambassade !

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