Au tribunal de Saint-Petersbourg, Universal Music et Warner Music affrontent le plus grand pirate de musique au monde : le Facebook russe, Vkontakte.

Le loup de la scène musicale russe, quel talent ce Grigory Leps ! Peut-être pas sur scène, mais un peu en affaires en tous cas.

Pourquoi on l’écoute de bon matin ? Parce qu’il y a quelques mois, il a réussi là où Universal et Warner aimeraient obtenir gain de cause eux aussi : il a fait plier Vkontakte. Le réseau social proposait dix de ses titres en téléchargement illégal.

Pour la première fois, la justice russe a ordonné que lui soient versés des dommages et intérêts : 11 000 euros.

Vkontakte ne tremble sans doute pas d'effroi. Mais cela pourrait faire jurisprudence et servir les intérêts des deux maisons américaines. Sony, il a trois mois, a aussi obtenu un accord, ce qui a tend à faire penser que les choses se normalisent.

Une somme certes dérisoire, mais dans les clous de ce qu’il aurait obtenu sur un site de téléchargement légal.

Prenez Pharrel Williams : savez-vous combien il a gagné grâce à la diffusion de Happy sur la webradio Pandora? (C’est sa déclaration mais on va le croire): 2 500 dollars, soit 2 200 euros.

Prenez le co-auteur deAll about that Bass , interprété par Meghan Trainor :

Le tube a été numéro un dans 50 pays, écouté 178 millions de fois sur les plateformes de streaming musical.

Combien a touché Kevin Kadish , le co-auteur de la chanson?

5 700 dollars… Kevin Kadish qui râle et qui explique que ça ne nourrit pas ses enfants.

Pharrell Williams en concert à ABU DHABI, le 22 novembre 2014.
Pharrell Williams en concert à ABU DHABI, le 22 novembre 2014. © Henry Ruggeri/Corbis

Le succès mondial d’un tube n’est donc plus une garantie de rémunération pour l’artiste. C'est pourquoi Taylor Swift était monté au créneau en juin dernier. Apple proposait trois mois d’essai de sa plateforme musicale sans rémunérer les artistes et devant le tapage de l’artiste, a fini par plier. Mais pour les moins renommés, la question des tarifs reste posée.

D’où cette mobilisation de la société des auteurs en Amérique pour faire changer le Copyright Act.

Du téléchargement illégal de leurs œuvres à grande échelle en Russie, en passant par la rémunération légale de leurs œuvres aux États-Unis, chanter, c’est de nouveau à bien des égards, réclamer la pièce…

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