Le 42e Festival d’Angoulême ouvre ses portes aujourd’hui. Dessinateur de BD : le métier fait rêver beaucoup de jeunes. La grande nouveauté, c’est que ce ne sont pas les albums qui les feront vivre, mais leurs planches.

E.Bilal.La Couleur de l'air p.77
E.Bilal.La Couleur de l'air p.77 © Enki Bilal/Casterman

Une magnifique image de Bleu Sang en noir et bleu : mesdames, messieurs, vous avez devant vous un véritable dessin d’Enki Bilal ! 100.000 euros, 150.000 qui dit mieux ? 177.000 euros : adjugé !

La scène s’est déroulée à la galerie Aartcurial en 2007. Depuis, l’auteur de La foire aux immortels et de La femme piège en a vendu comme ça des planches et des planches, à tel point qu’il est devenu l’un des artistes les plus cotés sur le marché de la BD.

En comparaison, un auteur qui travaille un an sur un album à fignoler ses bulles gagnera en tout et pour tout 10.000 euros en avance. D’ailleurs la plupart d’entre eux ne gagnent chaque mois pas plus que le SMIC.

Et le succès de Bilal n’est pas qu’une exception.

Les prix des planches s’envolent, globalement. Elles sont devenues un marché.Evidemment, on y trouve les best-sellers : Hergé est le champion post-mortem toutes catégories confondues. De son vivant, il n’a jamais vendu un dessin. Aujourd’hui, un simple crayonné vaut le prix d’un appartement : le 22 novembre dernier, quelqu'un a déboursé 320.000 euros pour une planche de l'albumLes Bijoux de la Castafiore .

Idem pour Hugo Pratt : 392.000 euros tout récemment payés pour une aquarelle.

Du côté des vivants, que ce soit Joann Sfar, l’auteur du Chat du Rabbin , Nicolas de Crécy, créateur deLéon la Came , ou Tardi, tous vivent maintenant confortablement avec ce marché. Même les moins connus tirent leur épingle du jeu.

Les dessinateurs ont même leurs agents, qui n’ont qu’à se pencher pour trouver des acheteurs. Car le nombre de collectionneurs explose. Des galeries s’ouvrent pour proposer des collections. Sotheby’s, Christies, Artcurial, organisent des ventes aux enchères au succès retentissant.

Dessinateur, c’est donc un métier d’avenir qui peut rapporter gros ! Une école de BD, spécialisée dans les mangas vient même d’ouvrir à Angoulême. Un véritable investissement pour l’avenir : 7.000 euros l’année la scolarité. Il faudra que les planches soient rentables!

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