Aujourd’hui se tient à Annemasse, le 30ème congrès du GTE:le Groupement des Transfrontaliers Européens. Plus d’un mois après la votation Suisse qui instaure des quotas d’immigrés et renégocie la libre circulation au sein de l’Union européenne, il s’ouvre dans un climat très tendu: avec la votation assurance maladie et fiscalité, les transfrontaliers ont plus d’un motif de grogne.

fabius pense que le vote suisse sur l'immigration doit être pris en compte par l'ue
fabius pense que le vote suisse sur l'immigration doit être pris en compte par l'ue © reuters

Imaginez que vous ne puissiez pas garer votre voiture dans un parking suisse, tout simplement parce que vous avez une plaque d’immatriculation française. C’est l’expérience, quotidienne vécue par les 145 000 français qui passent tous les jours devant des places libres de l’autre côté de la frontière quand ils vont travailler dans la Confédération helvétique.

Mais près de deux mois après la votation du 9 février contre l’immigration de masse, ces parkings réservés aux Suisses, est bien le cadet de leurs soucis. Dans quelques semaines à peine le Conseil Fédéral doit prendre position sur cette votation et lui trouver des applications concrètes.

L’inquiétude est réelle chez les Français, comme l’explique Jean François Besson, le secrétaire général des transfrontaliers européens.

Certaines multinationales, par exemple, et pas seulement françaises, s’interrogent sur l’opportunité d’installer leur siège en Suisse.

Le pays, largement apprécié pour sa stabilité est beaucoup moins attractif quand on ne sait pas avec certitude combien de personnes ont va pouvoir embaucher. Depuis 2002, il suffisait d’un délai de 5 jours pour obtenir un permis de travail helvète , pas sûr que les démarches soient aussi simples.Dans l’horlogerie pourtant, les usines tournent à plein avec des salariés français.

Swatch par exemple va même bâtir une nouvelle usine d’ici à 2020 à 200 mètres de la France. Les entreprises comptent donc aussi beaucoup, et c’est le paradoxe sur cette main d’oeuvre qualifiée.

La votation fera donc partie des motifs de grogne exprimée par les Français. Mais pas seulement il y sera aussi question du changement de régime de l’assurance maladie.

Cette fois c’est la France qui impose une règlementation aux transfrontaliers. Jusqu’à présent ils étaient libres de choisir leur couverture sociale:

  • soit ils cotisaient au système public helvétique

  • soit ils passaient par une assurance privée (ce qui est le cas d’une majorité des Français).

A partir du 1er juin prochain, ce sera la fin de cette liberté. Et leur rattachement à la sécurité sociale française devrait rapporter 100 à 150 millions d’euros à l’Etat français? Une manne dont le gouvernement ne veut pas se priver aujourd’hui, mais qui coûtera beaucoup plus cher aux pendulaires, encore un motif d’insatisfaction supplémentaire.

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