C'est un fruit un peu particulier : la prune finlandaise ! Sa particularité, c’est qu’elle peut être très dure à avaler, surtout si on est riche. Figurez-vous qu’en Finlande, le montant des contraventions est proportionnel au revenu. Et ça peut faire très mal.

le préfet soupçonné d'avoir fait sauter ses contraventions a démissionné
le préfet soupçonné d'avoir fait sauter ses contraventions a démissionné © reuters

C’est ainsi qu’un automobiliste a écopé récemment d’une amende de 54.024 euros pour un excès de vitesse. On a pu lire l’info dans le Figaro . Ah oui, à ce prix-là, ça donne envie de lever le pied ! Cet homme d’affaire roulait à 103 kilomètres heures au lieu de 80, soit 23 petits kilomètres heures de trop qui coûtent cher. L’explication, c’est que ce monsieur gagne 6,5 millions d’euros par an.

On imagine qu’il était furax ! Reima Kuysla, c’est son nom, a hurlé sa colère sur les réseaux sociaux. Mais il n’a pas ému grand monde : en Finlande, tout le monde trouve ça normal, ça marche comme ça depuis les années 1920. Notez que pour la même infraction, un automobiliste gagnant 4.000 euros par mois aurait écopé de 345 euros d’amende (seulement, si j’ose dire).

50.000 euros, ce n’est pas un record ! Un cadre de chez Nokia, encore plus riche, avait été condamné à 103.000 euros ! Pas de quoi consoler M. Kuysla qui estime que la loi finlandaise « pénalise la réussite », qu’il est impossible de vivre dans ce pays quand on est riche.

En France, devrait-on s’inspirer de l’exemple finlandais ? J’ai posé la question àChantal Perrichon, présidente de la Ligue contre la violence routière. Pour elle, une telle idée ne passerait jamais chez nous. Mais c’est l’occasion de souligner qu’en France, les sanctions sont adaptées aux individus dans tous les domaines, sauf la sécurité routière. Et elle a remarqué depuis longtemps que les plus riches étaient prêts à payer plus pour les infractions routières… tant qu’on leur laissait leur permis et leurs points.

Régulièrement, les députés essaient de faire passer une loi dans ce sens. Preuve que la sanction financière n’est pas dissuasive pour tout le monde.

Autre preuve : les caisses noires dans les entreprises pour payer les excès de vitesse. Quand la société reçoit un PV pour l’une de ses voitures professionnelles, elle ne dit pas qui était au volant, elle couvre son salarié et elle paie l’amende. C’est parfaitement illégal, mais très courant. Résultat : le salarié ne perd pas de points sur son permis. Cela fait dire à la ligue contre la violence routière que le plus important est de retirer des points. D’être très ferme là-dessus. C’est le système le plus efficace et le plus équitable : tout le monde est logé à la même enseigne.

Alors bien sûr que les amendes astronomiques ne sont pas la seule explication, mais sachez que la mortalité routière est bien plus faible en Finlande qu’en France : 41 morts par million d’habitants en Finlande, en 2014. 53 par million d’habitants en France. La différence est saisissante.

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