Voici des professionnels qu’on ne voit jamais manifester. Pourtant, ils viennent de pousser un coup de gueule : ce sont les pilotes de l’Union française de l’Hélicoptère.

Depuis mardi, les pilotes de certains modèles d’hélico ont l’interdiction de survoler les zones habitées dites inhospitalières. Or, selon eux, avec cette mesure, c’est la faillite qui est au tournant.

un hélicoptère de l'armée ukrainienne abattu, 14 morts
un hélicoptère de l'armée ukrainienne abattu, 14 morts © reuters

Le son des palles, la chevauchée des Walkyries de Wagner, en ouverture d’Apocalypse Now, voilà une scène d’hélicoptère!

Mais imaginez un instant qu’on change le décor. En dessous, au lieu d’avoir les arbres de la jungle vietnamienne, vous avez Paris, ses immeubles, sa tour Eiffel, son périphérique…

Et bien sachez que cette chevauchée conquérante ne pourra jamais avoir lieu au-dessus de vos têtes, en hélicoptère monomoteur. Pour la simple et bonne raison que la capitale, comme toutes les villes européennes d’ailleurs, est maintenant interdite de survol par ce type d’engin.

Entrée en vigueur de la nouvelle règlementation mise en place par l’Agence européenne de sécurité aérienne.

« Interdit aux monomoteurs », cela ne veut donc pas dire à tous les hélicoptères

Effectivement. Les « bimoteurs » eux sont autorisés. Mais ça n’empêche pas les exploitants d’hélicoptères de crier au loup.

La profession se dit condamnée, puisque les monomoteurs représentent 85% des 450 appareils en service en France. Ils sont utilisés pour la sécurité civile -le Samu par exemple- ou les vols commerciaux et privés.

Il n’y a pas eu un accident ces dernières années au-dessus de Paris et voilà qu’« on menace toute une filière », s’alarme Dominique Orbec, président de l’Union Française de l’Hélicoptère.

Une filière qui réalise 280 millions d’euros de chiffre d’affaires, et emploie 1800 personnes. Sans compter que le trafic est déjà en baisse.

La Direction Générale de l’Aviation Civile compte bien faire appliquer la nouvelle loi

Les normes de sécurité se durcissent c’est une évolution naturelle et légitime : c’est comme d’imposer la ceinture de sécurité à l’arrière des voitures, défend la DGAC. La DGAC qui rappelle que l’héliport de Paris, à Issy-les-Moulineaux, est situé juste à côté de l’Aquaboulevard, du siège de Bouygues Télécom et accessoirement du futur QG du Ministère de la Défense… des milliers de personnes. *Et puis cette nouvelle directive est dans les tuyaux depuis 5 ans, et 2 ans de manière officielle, délai raisonnable.

Pourquoi la filière n’a-t-elle pas anticipé le changement pourtant annoncé?

C’est toute la question.

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