ai weiwei alcatraz
ai weiwei alcatraz © Radio France

Demain marquera le changement de la législation pour le crowdfunding : le financement participatif en France. Une grande avancée qui devrait changer la vie des plateformes françaises...

Imaginez, les portraits géants de Nelson Mandela, Edward Snowden, et bien d’autres exilés politiques 176 au total : tout cela en LEGO et fabriqué avec 1 million 200 000 mini briques.C’est une installation à voir à Alcatraz au large de San Francisco jusqu’en avril prochain une œuvre du dissident chinois AIE WEIWEI.Comment l’a-t-il financée? Grâce à la plate-forme de financement KIKSTARTER. La plateforme fédère, rassemble les donateurs et crée la cagnotte qui permet à l’œuvre d’art de voir le jour. Je dis l’œuvre d’art mais ça peut être le jeu vidéo, l’invention, une start-up dans tous les domaines possibles et imaginables.En France la plateforme WISEED, une des pionnières vient par exemple de financer HUSO. Une entreprise qui fabrique du caviar de saumon mais sans tuer la femelle. L’an dernier, toujours WISEED a également réussi à lever des fonds pour inventer de nouveaux médicaments contre certains types de cancer ou même des maladies nosocomiales …des créneaux qui n’intéressaient pas du tout les fonds de capital-risque. Vous nous dites que la législation est modifiée… Qu’est-ce qui va changer en France? La taille des collectes.Jusqu’ici elles étaient limitées à 100 000 euros par start-up. A partir de demain, une plateforme de financement participatif pourra lui apporter jusqu’à 1 million d’euros. Ensuite la loi va reconnaître le « conseiller en investissement participatif » comme un métier. C’est la fin de la question lancinante posée aux salariés des plateformes: « mais ? C’est bien légal ce que vous faites? » Oui c’est parfaitement légal, et supervisé, contrôlé par l’AMF, l’autorité des marchés financiers.Enfin, le nombre d’actionnaires par projet passe de 49 à 150 personnes…donc vous voyez la France passe à la vitesse supérieure. De quel œil les banques voient-elles ces plateformes de financement… ? Avec méfiance, mais il est vrai que les plateformes investissent aujourd’hui un secteur délaissé par les banques: leur fournir le capital de départ pour une start-up quand le risque est à son maximum. D’autant plus que les plateformes vont vite…on voit maintenant des petits promoteurs immobiliers construire des lotissements entiers grâce au financement participatif. Et les plateformes n’excluent pas, un jour, de financer ces crédits immobiliers si difficiles à obtenir auprès des banques. Prochaine étape à surveiller : les assises du financement participatif, à Bercy. C’est en décembre prochain.

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