Dans les semaines qui viennent, la loi égalité et citoyenneté arrive en débat à l’Assemblée Nationale.

Un article fait tiquer les agents immobiliers : il permettrait au gouvernement d’instaurer une commission de contrôle de la profession, et de la leur faire financer.

L’idée c’est de mettre en place le gendarme spécialisé... en agents immobiliers, payés par les agents immobiliers !

Vous avez 36000 agences immobilières en France.

Et comme dans toutes les professions elles comptent leur petit pourcentage de brebis galeuses.

L’idée de l’Etat est donc la suivante : mettre en place une commission de contrôle qui sanctionnerait les agents véreux.

Jusqu’ici tout va bien. Sauf que cette commission entre 500 000 et 1 million d’euros serait financée par une nouvelle taxe, payées par les agences.

On pourrait se dire qu’à raison de 36 000 agences et de 500 000 euros, cela fait 14 euros par agence, pas de quoi faire trembler leurs murs.

Et même si cette commission coûtait le double, 28 euros, ce n’est pas non plus catastrophique. Mais ce qui passe mal auprès des agents immobiliers c’est que cette commission serait composée de fonctionnaires.

Et ça, supporter une nouvelle dépense publique, ça ne passe pas, mais alors pas du tout !

Pour les agents immobiliers, puisque c’est un nouveau service public et qu’on n’aura pas de droit de regard dessus, c’est à l’Etat de mettre au pot.

En plus, cette commission comptera parmi ces rangs des associations de consommateurs, dont certaines sont plus qu’en froid avec la profession. Les agents immobiliers ne voudraient donc pas que les associations qui les détestent deviennent leurs futurs juges.

Les taux immobilier remontent
Les taux immobilier remontent © SALOM-GOMIS SEBASTIEN/SIPA

Depuis la mise en place de la loi ALUR, les agents immobiliers ne savant plus où donner de la tête.

Ils doivent maintenant payer leur carte professionnelle, 120 euros pour 3 ans et 60 pour chaque agent alors qu’elle était gratuite avant. Ils doivent mettre en place l’immatriculation et l’extranet des co-propriétés et de nouveaux comptes bancaires. Financer les formations des vendeurs. Collaborer avec Tracfin quand ils soupçonnent une fraude.

Bref, leur tasse et pleine.

Jusqu’à présent il y a environ 4500 réclamations par an. Des locataires qui ne récupèrent pas ou alors tard leur dépôt de garantie. Des agents qui se servent dans la caisse…

Mais ce qui bloque surtout, c’est la contrainte administrative sur tous ces points, qui, sur le fond ne sont pas contestés, et d’ailleurs pas contestables, ce qui finalement porte préjudice et à la profession, et aux consommateurs.

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.