"Merci", "bien reçu", "bonne soirée", "bon week-end", ou le tout petit "OK"… Combien de tonnes équivalent carbone pourrait-on économiser chaque année en envoyant moins de ces messages - certes polis, mais polluants, et au fond totalement inutiles ?

Un édito contre le « merci » envoyé par courrier électronique
Un édito contre le « merci » envoyé par courrier électronique © Getty / SEAN GLADWELL

Et combien sommes-nous à les envoyer ces mails hein ? J’avoue la première l’avoir fait, pas plus tard qu’hier soir après validation du thème de cet édito : un comble ! Et c’est encore pire quand le collègue à qui on s’adresse est à côté de nous - ça vous est déjà arrivé je le sais… La moitié des Britanniques en tout cas l’ont reconnu dans une étude parue jeudi dernier "Think before you thank", "réfléchissez avant de remercier", qui explique combien de tonnes équivalent carbone on pourrait économiser chaque année en envoyant moins de ces messages - certes polis, mais polluants, et au fond totalement inutiles, disons-le !

Combien de tonnes équivalent carbone pourrait-on économiser ?

16 433 - soit 280 000 km en voiture, ou 40 000 aller-retour Londres-Madrid en avion… En renonçant juste un fois par jour, une seule fois, à envoyer ce fameux petit "merci", vous imaginez ? 

Parce que oui, écrire, ou lire un courrier électronique a un impact environnemental (Ademe). Un message parcourt en moyenne 15 000 km avant de se retrouver dans une boite mail, il faut bien passer par les réseaux et les gigantesques centres de données - qui tournent 24h/24, alimentés par les énergies fossiles, en ayant besoin d’être refroidis vu comme les machines chauffent. Et c’est pire quand vous mettez une pièce jointe, car le message est plus lourd et utilise donc plus d’énergie… 

Que peut-on faire d’autre, à part devenir malpolis ?

  • Evitez d’envoyer une grosse pièce-jointe à 50 destinataires alors que deux seulement sont concernés. 
  • Supprimez vos mails de vos boites (30 mails en moins c’est la consommation journalière d’une ampoule électrique), 
  • Supprimez encore plus quand vous faites partie de ceux qui les impriment (hum) car ils restent stockés dans les centres de données… 
  • Videz les spams 
  • Désinscrivez-vous des envois qui ne vous intéressent pas

bref, faites le ménage ! 

Mais s’il n’y avait que ça… je vous parle d’une goutte d’eau dans l’océan de la pollution numérique. Le gros, c’est le streaming, 300 millions de tonnes de CO2, 1% des émissions mondiales, l’équivalent de l’Espagne. Et je vous vois calés devant une série ou une plateforme d'écoute de musique, c’est humain. Alors :

  • privilégiez le téléchargement plutôt que la lecture en ligne, 
  • le wifi plutôt que la 4G (qui consomme 23 fois plus d’énergie !), 
  • la basse définition plutôt que la haute. 

Enfin, amis télétravailleurs :

  • désactivez la caméra au maximum pour les réunions à distance, surtout quand on ne parle pas : l’audio consomme 1000 fois moins de bande passante. 
  • Et essayez, si possible, de limiter tout simplement votre utilisation d’internet, responsable de 4% des émissions de gaz à effet de serre dans le monde aujourd’hui (Ademe), et possiblement du double en 2025, autant que les voitures. 
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