Ce matin dans l’édito carré, vous nous parlez de vagues monstrueuses…

Oui et c’est une publication parue il y a quelques jours qui vient illustrer à merveille ce que peut être « la force de la nature ». 

C’est la géo-scientifique américaine Ronadh Cox qui signe cette étude réalisée en Irlande en Atlantique Nord et qui s’intéresse à la puissance des tempêtes océaniques. 

Elle montre que les vagues générées par les tempêtes sont  capable d’arracher des falaises, des blocs de rochers tellement énormes, qu’elles peuvent les propulser à des hauteurs atteignant 30 mètres et les transporter à des distances de plus de 200 mètres à l’intérieur des terres. Le plus gros rocher éjecté, découvert par les scientifiques, pesait 620 tonnes ! C’est plus que le poids d’un Airbus A380 en pleine charge ! 

On donne à ces pierres gigantesques le nom de « blocs cyclopéens ».

Ce terme fait référence aux blocs colossaux de plusieurs tonnes que les civilisations de la Grèce antique érigeaient pour protéger leur royaume. 

Et ça a été une vraie découverte pour les chercheurs ? 

Oui car jusqu’à très récemment, ils n’imaginaient pas que les vagues issues de tempêtes océaniques puissent  déployer autant de puissance et déplacer de tels mastodontes sur la terre ferme. Les scientifiques attribuaient généralement la présence de ces rochers à des événements rares comme les tsunamis. 

Or Ronadh Cox et son équipe possédaient un catalogue bien fournis de photos de la côte Irlandaise prises ces dernières années. Et c’est après la très forte tempête de l’hiver 2013-2014 qu’ils se sont aperçus que d’énormes rochers avaient été projetés sur les rives. Aucun tsunami ne s’étant produit à cette période, c’est bien l’énergie seule des vagues qui a déplacé les blocs cyclopéens. 

Et comme tout est disproportionné au pays de Poséidon, ce sont des vagues extrêmes qui sont à l’origine de la dislocation des rochers. 

Et qu’est ce qui donne cette puissance à ces vagues ? 

D’abord bien sûr le vent des tempêtes, et ceux de l’hiver 2013-2014 ont été particulièrement déchaînés. 

Mais il y a un autre facteur que les scientifiques ont découvert récemment et qui a fait l’objet d’une publication en 2014 : c’est le fait que la hauteur et la puissance d’une vague sont amplifiées au moment où la vague vient frapper la falaise. 

Les chercheurs ont calculé que lorsqu’une vague extrême vient s’écraser contre une paroi verticale, sa hauteur est multipliée par 6 et sa puissance dans des proportions encore plus importantes. 

Et ça n’est pas terminé puisque cet effet d’amplification est encore décuplé, lorsque le fond marin présente une pente régulière. 

Tous ces paramètres mis bout à bout donnent naissance à ces vagues monstrueuses. 

Des études similaires sont réalisées en Bretagne et ce travail devrait permet de mieux comprendre l’hydrodynamisme des tempêtes et les interactions entre les vagues et les côtes. 

Ce qui peut être utile pour les installations offshore construites près des rivages ou pour tout simplement éviter de se prendre un rocher de 600 tonnes sur la tête à une époque où les événements extrêmes pourraient devenir plus fréquents… 

L'équipe
Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.