Ce matin dans l’édito carré, la conférence mondiale des peuples autochtones.

Oui puisque ce rendez-vous se tient en ce moment au siège des Nations Unies à New-York avec une thématique sur la connaissance traditionnelle qui veut mettre en lumière le rôle essentiel de la transmission du savoir traditionnel pour la survie non seulement des sociétés autochtones mais aussi pour nos sociétés qui sont confrontées à des défis globaux comme le changement climatique. 

Car rappelons que le savoir de ces peuples est reconnu dans l’Accord de Paris sur le climat en jouant un rôle clef dans la lutte contre le changement climatique. Ces peuples répartis dans le monde entier, coexistent en effet depuis des siècles avec la nature dont ils protègent efficacement la biodiversité comme l’a souligné la Présidente de l’Assemblée générale des Nations Unies Maria Fernanda Espinosa dans son discours préliminaire. 

Pourtant la situation de ces peuples qui vivent dans 90 pays sur la planète, qui représentent 5000 cultures différentes et qui parlent la grande majorité des 6700 langues dans le monde, est absolument catastrophique.  2019 a d’ailleurs été déclarée Année internationale des langues autochtones dans l'espoir de les protéger.

Dans un Rapport publié l’année dernière sur les droits des peuples autochtones, la Rapporteuse spéciale se disait gravement préoccupée par la multiplication des agressions, des actes de violence et des menaces contre ces peuples.

Quelles sont les causes de ces agressions? 

Comme le souligne le rapport, ce sont principalement les méga-projets auxquels se livrent les entreprises privées qui sont à l’origine de cette situation critique. En particulier des projets visant à exploiter les ressources naturelles comme les industries minières ou pétrolières, l’agro-industrie, les grandes infrastructures, les barrages hydroélectriques ou l’exploitation forestière. 

Ces exploitations ont placé en première ligne les communautés autochtones qui tentent de protéger leurs terres et qui deviennent la cible de nombreuses persécutions. Rien qu’en 2017, trois cent douze assassinats de défenseurs des droits humains ont été recensés dans 27 pays et 67% des personnes assassinées l’ont été pour la défense de la terre, de l’environnement et des droits des peuples autochtones.

Ces peuples se retrouvent donc face à des compagnies privées qui méprisent leurs droits et souvent d’ailleurs avec la complicité de gouvernements comme au Brésil, en Colombie ou aux Etats-Unis qui sont corrompus par les lobbies industriels. 

Ces méga-projets sont à l’origine de dommages irréparables sur l’environnement et les ressources naturelles dont sont tributaires ces peuples pour leur survie. 

Et comment freiner l’accroissement de cette violence? 

L’anthropologue du CNRS Irène Bellier qui est actuellement présente à New-York à la conférence de l’ONU estime que face à cette situation il faut maintenant impérativement  sortir des discours et du bla-bla pour engager des mesures réalistes et prendre des dispositions politiques fortes. 

Les autochtones ne luttent pas contre le système capitaliste mais pour des enjeux vitaux qui nous concernent tous directement et ce ne sont pas que de petites tribus perdues au fin fond des forêts. 

Ces peuples défendent des richesses humaines, écologiques, environnementales et climatiques qui nous sont communes. 

Leurs luttes pour la survie de la planète engagent aussi notre responsabilité et devraient nous mobiliser face à leur vulnérabilité. 

L'équipe
Thèmes associés
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.