A partir du mois prochain, la Californie assouplit sa réglementation pour permettre le test sur route de voitures sans conducteurs mais contrôlables à distance.

Après le Michigan, le Nevada et l'Arizona, c'est au tour de cet état américain qui concentre nombre d'acteurs du domaine, de démarrer une expérimentation plus large de véhicules autonomes. La nouvelle réglementation édictée par le  Département des Véhicules Motorisés est un assouplissement de ce qui existe déjà. A partir du 2 avril 2018, des taxis sans personne derrière le volant circuleront.  Les gardes-fous exigés par les autorités sont la délivrance d'un permis de rouler spécifique et la garantie qu'à tout moment, un opérateur peut, à distance reprendre le contrôle de la voiture.

Réagir à l'environnement

Jusqu'ici, les tests ont été menés en mode autonome mais avec un conducteur. Une personne capable à tout moment de désactiver les systèmes et reprendre la main sur le véhicule. Cette procédure appelée "désengagement"  s'est produite 57 fois ces 4 dernières années.  57 situations où l'humain a pensé éviter l'accident mieux que la voiture ne l'aurait fait.   Autant dire que ces véhicules autonomes n'ont pas encore atteint la maturité.  Ils sont aujourd'hui capables d'affronter des environnements simples  (nationales, autoroutes, rues sans piétons qui traversent inopinément, absence d'intempéries ) mais se paralysent dans un contexte où les capteurs sont pris en défaut (signalisation incomplète, tunnels, rue tortueuses). Pour la voiture autonome, la place de l'Etoile à Paris ou le cours Belsunce à Marseille, c'est l'enfer!

Algorithmes éthiques obligatoires ?

L'avance de certaines villes ou régions, Singapour ou  la Californie, s'expliquent par leur infrastructure mieux adaptée aux nouvelles formes de mobilité. Rues larges, voies balisées réservées au covoiturage...  En Europe, les choses vont moins vite même si d'après les constructeurs, les autorités ne sont pas à la traîne.  PSA par exemple a déjà parcouru 150 000 km en test avec 12 voitures. Toujours avec conducteur pour reprendre la main si besoin. Il est évident que le premier accident grave pourrait faire vaciller le concept de voiture autonome. Pour l'autonomie totale du système, la confiance qu'on lui accorde doit être absolue... Toujours avec conducteur pour reprendre la main si besoin. Il est évident que le premier accident grave pourrait faire vaciller le concept de voiture autonome. Pour passer au sans conducteur, la confiance dans le système doit être absolue... Les règles éthiques des algorithmes définies. 

A l'heure du choix, par quoi serez-vous choqués se demandent en ce moment les chercheurs du projet « Moral Machine ».  Il se peut que le choix de la voiture en cas d’accident inévitable ne coïncide pas avec celui qu’aurait fait la société.  En clair, qu’est ce qui est le moins pire : écraser une femme qui pousse un landau et sauver les passagers ou le contraire?

Des experts en intelligence artificielle ont récemment conclu qu'il serait inacceptable qu'une voiture choisisse les victimes sur des critères d’âge et de sexe. Si le bébé vaut plus que l’adulte conducteur, alors la femme vaut-elle mieux que l’homme, le  boulanger que l’écrivain? A nous d’y réfléchir, de nous préparer. Les expérimentations comme celles de la Californie sont là pour nous y aider.

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