Ce matin dans l’édito carré : un papillon mythique qui est aussi une énigme pour la biologie.

Le papillon monarque : une énigme pour la biologie
Le papillon monarque : une énigme pour la biologie © Getty / Chris Clor

C’est un insecte infatigable et un champion de la migration longue distance. Il s’agit du papillon monarque ce lépidoptère reconnaissable par ses ailes oranges veinées de noire et qui chaque année parcourt la distance prodigieuse de 4000 kilomètres. Deux mois d’un périple pour migrer du Québec au Mexique où il vient passer l’hiver avant de reprendre la route vers le Nord. 

Une performance tout à fait stupéfiante car il faut imaginer des centaines de millions d’individus capables de suivre la même route, franchir tous les obstacles et traverser d’interminables paysages avant de débarquer dans les montagnes mexicaines.

Si je vous parle aujourd’hui du monarque c’est que pour une fois les nouvelles sont bonnes. 

En effet, après de longues années d'une chute spectaculaire qui laissait craindre la disparition de l’espèce, les scientifiques annoncent que la population des monarques a presque doublé dans ses colonies hivernales. Un rapport récent du WWF, le fond mondial de la nature indique que le déclin semble enrayé. Il était temps car en 20 ans, la population de ce papillon a chuté de 80 %. 

Et quelle était la cause de cette chute brutale ? 

Il y en a deux : la déforestation qui a pour effet de détruire l’aire d’hivernage des papillons au Mexique, mais aussi l'utilisation aux Etats-Unis et au Canada des pesticides et notamment le glyphosate dans les champs de maïs transgéniques. Ce produit rend toxiques les fleurs dont se nourrissent les chenilles. Car le talon d’Achille du monarque c’est sa chenille qui consomme principalement de l’asclépiade, une plante envahissante qui pousse comme du chiendent et qui est la bête noire des Nord-Américains. Cette mauvaise herbe abondamment arrosée de pesticides, a dangereusement contribué au déclin du papillon migrateur. 

Mais depuis quelques années le Canada, le Mexique et les Etats-Unis se sont unis pour mettre en place de vrais efforts de conservation autour des sites de reproductions du Monarque. Et cela semble porter ses fruits puisqu’un nombre record de papillons monarques en dormance a été observé au Mexique ces trois derniers mois. 

Il était temps car les entomologistes ont mis en garde : la disparition de cet insecte pourrait entraîner une réaction en chaîne où des centaines d’espèces disparaîtraient avec lui. 

La situation est donc plutôt encourageante. 

Effectivement même si les efforts doivent être maintenus car ce papillon reste une espèce en danger en raison de sa migration très dépendante de l’équilibre climatique. Le mur de Donald Trump à la frontière entre le Mexique et les États-Unis représente aussi une menace pour ces insectes.  

Des papillons qui sont à l’origine d’une énigme pour la biologie : pourquoi en effet migrent-ils tous au même endroit pour ces rassemblements annuels spectaculaires ? Un mystère de l’évolution qui reste total. 

Bon cela dit il arrive parfois que des papillons se plantent de route et se retrouvent au-dessus de l’atlantique puisqu’on a retrouvé des individus égarés en France.

Comme quoi personne n’est parfait, pas même un monarque! 

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