Les voitures électriques continuent leur percée sur le marché automobile français. Il faut dire que les aides et incitations fiscales sont nombreuses, avec aussi bien sûr les préoccupations environnementales. L’électrique fait parfois débat à ce sujet, Camille Crosnier a donc tenté d’y voir clair.

Les voitures électriques sont-elles vraiment plus vertes que celles qui roulent à l'essences ou au diesel ?
Les voitures électriques sont-elles vraiment plus vertes que celles qui roulent à l'essences ou au diesel ? © Getty / Andriy Onufriyenko

Les voitures électriques continuent leur percée sur le marché automobile français. Les chiffres ont été publiés hier : plus de 25% des immatriculations en novembre sont des électriques, les ventes augmentent de 200% sur un an, la courbe ne cesse de monter. Il faut dire que les aides et incitations fiscales sont nombreuses, avec aussi bien sûr les préoccupations environnementales. L’électrique fait parfois débat à ce sujet, j’ai donc tenté d’y voir clair en ce qui concerne la France. 

Quid de la pollution de l'air ?

Alors on va d’abord évacuer la pollution de l’air : rien ne sort du pot d’échappement, donc à part l’abrasion des pneus, qui émet des particules comme avec n’importe quelle voiture, les feux sont au vert pour cette partie-là. 

Et pour les émissions de gaz à effet de serre ?

.... Emissions à l’origine du réchauffement climatique, vous le savez. Et bien là, plutôt que l’utilisation, c’est davantage la fabrication de la voiture qui est en cause pour l’électrique. Les trois quarts de l’impact environnemental se font avec la carrosserie, l’acier, le plastique, les terres rares (parfois, mais pas sur tous les modèles, contrairement aux idées reçues)… et la batterie, surtout, qui contient du graphite, du lithium et du cobalt, (et que les constructeurs essaient de mieux recycler,au passage : c’est aussi un gros point noir). 

6,5 tonnes équivalent carbone pour sortir une voiture électrique de l’usine, contre 3,7 tonnes pour une thermique (source Ademe, agence de l’environnement et de la maitrise de l’énergie). Il faut rouler 50 000 km au bas mot pour rentabiliser écologiquement cette étape. 

Mais la victoire des essences ou diesel s’arrête là, car une fois qu’on est au volant, il n’y a pas de match : les voitures électriques émettent deux à trois fois moins de gaz à effet de serre que les thermiques. Et je parle bien des 100% électriques, parce qu’il existerait un piège sur le marché…

Un piège sur le marché

L’autre star du moment, l’hybride rechargeable, dont les ventes explosent encore plus que les électriques, on table sur 500 000 modèles en Europe cette année, contre 150 000 en 2019. Ces hybrides rechargeables sont des "chimères", d’après l’ONG belge "Transport et Environnement", qui a publié la semaine dernière une étude très documentée : jusqu’à 12 fois plus d’émissions de CO2 qu’annoncé sur le prospectus de la voiture que vous achetez, parce que la batterie électrique n’est pas si puissante que ça : donc autoroute, accélération/décélération, même clim ou chauffage… le moteur thermique prend le pas ! 

Batterie très lourde en revanche, comme le véhicule puisque les hybrides rechargeables sont très souvent des SUV, beaucoup plus gros, avec donc en plus deux moteurs… Il en faut du carburant pour avancer ! L'ONG l'affirme : ça peut être pire à l’arrivée qu’avec une essence ou un diesel ! 

Donc surtout adaptez votre achat à votre usage, pour que l'opération ne soit pas contre-productive pour tout le monde.

L'équipe