L’Europe doit-elle se préparer à un été caniculaire ? Le climatologue Christophe Cassou explique qu'il est possible que l’on observe cette année un nouveau record de la fonte des glaces avec une étendue encore plus faible que lors du précédent record qui remonte à 2012. C’est le sujet ce matin de l'édito carré.

Il s’appelle le « Christophe de Margerie » et il s’agit d’un méthanier brise-glace qui porte ce nom en l’honneur de l’ex-président de Total, décédé sur le sol russe en 2014.  

Dans les mers de l’Arctique ce géant de 300 mètres de long est capable de briser des glaces de plus de deux mètres d’épaisseur. Mais cette année, en raison des températures qui atteignent déjà un niveau record, la navigation commerciale a été largement facilité et a pu commencer plus tôt que d’habitude. 

La glace de mer le long de la côte arctique russe est en effet en train de disparaître à une vitesse exceptionnelle. De l’air chaud en provenance de Sibérie a dernièrement pénétré dans l'Arctique où les météorologistes ont constaté une zone de haute pression. Couplé avec le changement climatique, ce phénomène a fait grimper les températures à 30,5°C. 

Cette année, précise le climatologue Christophe Cassou joint pour la Terre au carré, nous assistons à une fonte très précoce de la glace en raison d’une succession de bouffées de chaleur. Et il n’est pas impossible, précise t-il, que l’on observe cette année un nouveau record de la fonte à la fin de l’été avec une étendue encore plus faible que lors du précédent record qui remonte à 2012. 

Est-ce déjà un signe de canicules à venir pour notre continent ? 

Ce que l’on sait déjà c’est que le mois de mai a été le 12 ème mois consécutif avec des températures plus chaudes que la normale en France, en Europe et dans le monde. Les scientifiques ont été très surpris qu’une telle situation ait pu se produire aussi vite dans le siècle. 

Sur l’Est et le Nord de l’Europe les températures ont été plus élevées en moyenne de 6 ou 7°C par rapport aux normales saisonnières. C’est un peu, affirme Christophe Cassou, comme si il y avait eu une canicule en plein hiver. Et un facteur aggravant a été l’absence de neige au sol dans ces régions qui renvoie d’habitude une partie de l’énergie solaire vers l’espace en limitant l’augmentation des températures. 

Pour cet été, les grandes tendances montrent que le nord de l’Europe va connaître un climat relativement normal. En revanche, le sud de l’Europe et tout le bassin méditerranéen devraient connaître un été plus chaud et plus sec que la normale. 

Et pour la France ? 

Une grande partie de notre pays devrait aussi connaître un climat chaud et sec propice aux canicules. Les températures devraient être plus élevées que la normale sur les trois quarts du territoire mais les modèles ne peuvent pas affirmer avec certitude que l’été sera caniculaire puisque pour rappel, une canicule est définie par un épisode de trois jours et trois nuits consécutifs sans que les températures ne redescendent. 

Quoiqu’il arrive a prévenu le bureau européen de l’OMS, les pays et les communautés doivent se préparer dès maintenant à un été très chaud. 

La canicule nous y reviendrons cet après-midi dans la Terre au carré. 

  • Légende du visuel principal: Vers un été caniculaire ? © Getty / Christophe LEHENAFF
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