Ce matin dans l’édito carré des diamants qui révèlent des secrets de notre système solaire.

Et c’est l’histoire d’une très belle découverte qui fait l’objet d’une publication dans la revue Nature communications

Si vous passez un jour devant la vitrine d’un diamantaire, les pierres que vous verrez scintiller auront la plus grande pureté avec le moins d’inclusions possible. L’inclusion pour un joaillier c’est la hantise de la profession. Aucune impureté ne doit être visible à l’œil nu. 

Et bien pour les scientifiques dont je vais vous parler, c’est exactement le contraire. Ce sont les inclusions présentes dans des diamants qui ont fait leur bonheur. Et l’histoire commence en 2008 dans le désert de Nubie au Soudan.

Et que s’est-il passé ?

Les scientifiques ont d’abord eu une chance folle car ils ont pu suivre le trajet d’une météorite avant qu’elle ne tombe sur terre, ce qui est très rare. En localisant sa zone d’atterrissage dans le désert, ils ont pu récupérer l’objet fraîchement tombé et donc très peu altéré par son séjour sur notre planète. 

Cette météorite nommée Almahata Sitta arrivait de la grande ceinture d’astéroïde qui se trouve entre les orbites de Mars et Jupiter. Cette zone est une sorte de cimetière pour vieilles roches au passé peu glorieux puisque ces dernières n’ont pas eu le temps de devenir des planètes. La loose intégrale ! 

Sauf que parfois l’un de ces débris parvient à s’échapper de la ceinture d’astéroïde et c’est ce qui est arrivé à Almahata Sitta. 

Cette grande voyageuse de l’espace appartient en outre à un type rare de météorite : les uréilites qui contiennent beaucoup de carbone dont une partie se présente sous forme de nanodiamants, et ça c’est du lourd pour les chercheurs… 

Et pourquoi ?  

Et bien parce que les inclusions présentes dans ces diamants renferment la mémoire de leur passé mouvementé fait de collisions répétées lorsque les planètes étaient en train de se former dans les premiers millions d’années du système solaire. Ces diamants sont une sorte de pièce archéologique autour de laquelle se dessine l’histoire de leur parenté. 

Grâce à la microscopie électronique, les chercheurs de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne à l’origine de cette découverte, ont pu analyser le fer piégé dans les diamants sous forme de cristaux solides et ces cristaux ont donné un indice très précieux aux chercheurs, car leur présence indique qu’ils se sont formés à de très hautes pressions comme pour des planètes de la taille de Mars ou de Mercure.  

Les scientifiques ont donc certainement mis la main sur les premières reliques d’une énorme protoplanète qui n’a pas eu le temps d’atteindre la maturité. Dans le chaos des premiers temps de notre système solaire cette planète avortée s’est transformée en petits morceaux. Si cette découverte donne des informations fondamentales sur la naissance des planètes, elle pose aussi de nouvelles questions. Où se trouvent par exemple les autres fragments de cette protoplanète ? Ont-ils pu servir à modeler notre terre ? Personne ne peut y répondre pour le moment. Mais ne doutons pas qu’un jour, une pluie de diamants puisse  résoudre cette nouvelle énigme. 

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