C’est l’histoire d’une trouvaille, qui s’est refermée sur nous comme un piège.

Dans une usine fabriquant de la bakélite, le premier plastique breveté fait de composants synthétiques (Etats-Unis, 1938)
Dans une usine fabriquant de la bakélite, le premier plastique breveté fait de composants synthétiques (Etats-Unis, 1938) © Getty / HANSEL MIETH /The LIFE Picture Collection

Il y a un peu plus de 100 ans, le monde n’est pas encore en guerre, et le Titanic commence à peine à être construit. Nous sommes en 1909, et le chimiste belge Leo Baekland épate la galerie en brevetant le tout 1er plastique entièrement synthétique, j’ai nommé la "Bakélite". 

Avant d’être follement vintage dans nos esprits, elle est surtout isolante et résistante, y compris à la chaleur, c’est du jamais-vu à l’époque. La Bakélite ouvre la voie au règne du plastique et à ses 3 seigneurs : PVC, polyéthylène et polypropylène, que peu d’entre nous savent écrire du premier coup, mais qui sont aujourd’hui les plus utilisés au monde. 

Et comment en est-on arrivé là ?

C’est après la guerre - la seconde - que tout s’emballe, au propre comme au figuré : la société de consommation raffole de ces objets tellement pratiques, propres, et in. Pendant que les industriels découvrent toutes les qualités au plastique : légèreté, longévité, rentabilité. Avec un autre avantage : l’usage unique. On peut acheter, consommer et jeter dans la foulée. La conscience tranquille puisqu'il apparaît également une promesse magique : celle du recyclage… 

Alors, la production s’accélère, écoutez bien ce chiffre : sur les 9 milliards de tonnes de plastique produites dans l’histoire, plus de la moitié l’a été… ces 15 dernières années. Et 10% à peine sont effectivement recyclés ! Voilà ! Ça pourrait s’appeler l’effet "boule de plastique", une production qui grossit, grossit, de en vite, pendant que le tri et les moyens de traitement ne suivent pas…

C’est là que le piège se referme !

Le plastique a envahi nos vies, nos corps, nos écosystèmes. Il est partout, regardez juste ce studio, les casques, les chaises, les ordinateurs, la console derrière la vitre.. et vous derrière le poste, il est en quoi à votre avis ? Sans parler des emballages, le gros du plastique.. qu'on retrouve aussi dans le bâtiment, l’agriculture, les transports, jusque dans les engins spatiaux ! 

Une conquête et un état des lieux vertigineux, dressé par le premier "Atlas du plastique" qu’on vous présentera cet après-midi dans la Terre au Carré. D’ici là je vous laisse méditer cette phrase qui ouvre l’Atlas : « nous touchons plus souvent du plastique que nous ne touchons ceux que nous aimons »…  moi ça m’a fait tout le weekend !

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