Cette lettre originale de sept pages datée du 21 décembre 1613 est signée des initiales « GG » pour Galileo Galilei, le nom de l’astronome Galilée. Elle est adressée à un ami mathématicien. Tous les spécialistes la pensaient à jamais perdue.

Galilée (1564 - 1642) expliquant ses théories à l'université de Padoue. Peinture réalisée en 1873 par Felix Parra (1845 - 1919)
Galilée (1564 - 1642) expliquant ses théories à l'université de Padoue. Peinture réalisée en 1873 par Felix Parra (1845 - 1919) © Getty / DEA / G. DAGLI ORTI

L’histoire se déroule au mois d’août dans la bibliothèque de la Royal Society de Londres. Salvatore Ricciardo, un étudiant italien en Histoire effectue des recherches pour son post-doctorat lorsqu’il découvre fortuitement une lettre qui dormait là depuis des lustres. 

Quelle est la nature de cette lettre ? 

Et bien c’est tout simplement la bombe à retardement qui sera à l’origine de tous les ennuis de Galilée. Et il faut dire que c’est du lourd ! 

Galilée y fait d’abord une séparation nette entre la science et la religion affirmant que la recherche doit être exempte de doctrine théologique.

Il ajoute que les références de la Bible en matière d’astronomie ne doivent pas être prises à la lettre et que les autorités religieuses n’ont aucune compétence en la matière. BIM ! 

C’est aussi dans cette missive qu’il explique que ses observations du ciel lui permettent d’adhérer au modèle héliocentrique de Copernic selon lequel la terre et les autres planètes tournent autour du soleil. Ce qui s’oppose frontalement à la doctrine de l’Eglise catholique qui affirme le contraire. 

Mais l’histoire ne s’arrête pas là puisqu’une copie de la lettre va arriver entre les mains de l’Inquisition. Le savant qui sent arriver le vent du boulet affirme alors que la lettre a été falsifiée afin de lui nuire. Pour sauver sa peau il parvient à se faire renvoyer la lettre et va la modifier en proposant une version « adoucie ». 

C’est ce document qui a été retrouvé à Londres, on peut y voit les notes, les ratures et les retouches écrites de la main de Galilée. 

Dans la première version de sa lettre il qualifiait par exemple « de faux » un passage de la Bible. Dans la version édulcorée il écrit que ce passage de la Bible « semble différent de la vérité ». 

N’oubliez pas qu’à cette époque, un seul mot de travers peut vous envoyer vous faire griller les doigts de pied sur un bûcher…. 

Tout ces efforts ne l’empêcheront pas d’être condamné…

En effet, en 1616, un an seulement après que l’Inquisition ait reçu la lettre, une première mise en garde lui est adressée. Il est sommé d’abandonner son soutien au modèle Copernicien. 17 ans plus tard il sera condamné pour hérésie. 

La découverte de cette lettre a stupéfait les scientifiques car il s’agit de l’un des premiers manifestes laïques sur la liberté de la science. En rejetant les croyances de l’Église et en plaçant l’observation et l’expérimentation au premier plan, Galilée donne tout simplement naissance à la science moderne. 

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