Ah quelle joie lorsque la semaine dernière, la revue Scientific Reports a publié cette étude mettant enfin un terme à l’énigme du « Knuckle Craking » : « le craquement des jointures »

Et pensez que depuis plus de 100 ans, des chercheurs essayaient de comprendre ce qui était à l’origine de ce petit crac venu du fond des os lorsque nous nous faisons exploser les jointures sans ménagement.  Phénomène insupportable pour certains et qui nous ramène à notre condition de vieille carcasse bruyante …  La source de ce son restait donc mystérieuse…  

Et ce craquement a donc attiré l’attention des chercheurs depuis longtemps ? 

Oui puisque dès le début des années 1900, les scientifiques ont planché sur la question.  Des études affirmaient par exemple que toutes les articulations ne pouvaient pas craquer, que c’était les vibrations dans les tissus qui étaient à l’origine du crac ou qu’il fallait une pause de 20 minutes avant de pouvoir recommencer à jouer des castagnettes. Mais c’est en 1971 qu’a eu lieu le vrai tournant articulaire lorsque qu’une équipe révèle que c’est l’effondrement des bulles de cavitations dans le liquide synovial qui provoque le bruit. Le landerneau du Knuckle Craking crie au génie et on pense l’affaire enterrée à tout jamais. Mais il n’en fut rien et 44  ans plus tard en 2015, une bande d’obsédés de la phalange remet en question cette idée et déclare que le craquement provient en réalité de la formation des bulles de gaz dans le liquide synovial plutôt que de leur éclatement ! La nuance est certes subtile mais la science ne supporte pas l’approximation.

Et ça ne s’arrête pas là ? 

Eh non car sans doute fatigués de tous ces rebondissements, des chercheurs de l’école Polytechnique et de l’Université de Stanford ont décidé de trancher une bonne fois pour toutes, en mettant au point un modèle mathématique passant en revue tous les événements menant à la libération de l’articulation métacarpo-phalangienne ! Et après moult équations, depuis le coefficient de tension de surface du liquide, jusqu’à l’excentricité du joint de fissuration, la signature acoustique est sans appel : c’est bien l’éclatement de bulles microscopiques dans les doigts qui provoque le craquement ! Alléluia ! 

Mais je ne terminerai pas cet édito sans un petit point arthrite car la croyance populaire affirme que le craquement des doigts présente un risque. Pour répondre, je vous renvoie à cette expérience menée par un allergologue qui pendant 50 ans s’est fait craquer consciencieusement uniquement les doigts de la main gauche, pour pouvoir comparer plus tard avec sa main droite. A l’issue de ces milliers de craquements, les mains de notre homme étaient parfaitement similaires. Rien ! Pas l’ombre d’une trace d’arthrite. D’autres recherches sembleraient confirmer la même chose.  Donc pas d’inquiétude si vous êtes parfois un peu nerveux de la jointure… 

L'équipe
Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.