Dans le cadre de notre saga scientifique: « réhabilitons les animaux dont tout le monde se fout et qui méritent pourtant notre plus grande gratitude » je vous propose aujourd’hui de couronner la macrofaune des vers de terre pour services rendus à la société.

Animal certes peu ragoutant avec ses airs de serpent gluant, la communauté lombricienne représente à elle seule la première biomasse animale terrestre. 

Une tonne par hectare en moyenne Nicolas et beaucoup plus encore dans les vertes prairies de notre pays. 

Sur notre planète, le poids de tous les vers de terre réuni est 20 fois supérieur à celui des hommes.

Il est donc grand temps de saluer ces travailleurs de l’ombre, ces grands fouisseurs devant l’éternel, qui nuit et jour travaillent sans relâche à brasser, retourner, fertiliser et labourer notre terre nourricière. 

Marcel Bouché, grand spécialiste mondial du lombric, vous pouvez dire aussi « géodrilologue » pour épater vos amis ; affirme qu’il y a Dieu, les vers de terres et les autres espèces animales… 

Et pourquoi faut-il accorder autant d’importance à ces animaux ? 

Et bien parce que derrière ces invertébrés aveugles, sourds et visqueux, on trouve un appareil digestif de compétition. 

Aristote il y a 2400 ans les appelaient déjà « les intestins de la terre ». Et même s’ils sont dépourvus de mandibules, mieux vaut avoir un lombric en photo plutôt qu’à sa table. 

Le ver de terre est en effet capable d’ingurgiter jusqu’à 30 fois son poids chaque jour. 

Mais tout cela pour la bonne cause car cet appétit féroce contribue à la décomposition et au recyclage de la matière organique. On peut dire que le transit intestinal du lombric fait des merveilles avec son super-intestin en forme de machine de guerre qui stimule les sols avec les végétaux qu’il a préalablement digérés. 

Ses déjections forment en outre une matière grumeleuse en surface, qui empêche l’érosion du sol en ralentissant le ruissellement. Et ils participent aussi au cycle de l’azote et du carbone. 

Doté de protéines spéciales appelés drilodefensis, notre Terminator des sous-sols peut s’attaquer à des plantes coriaces et toxiques qu’aucun autre animal ne s’aventurerait à manger.

Impressionnant… 

Oui et le lombric, n’est vraiment pas rancunier, eu égard aux tonnes de pesticides qu’on lui déverse abondamment sur le nez. Le recours massifs aux produits phyto-sanitaire a en effet entraîné leur division par quatre dans les grandes cultures. 

C’est d’ailleurs pour tenter d’évaluer les pertes de leur biodiversité que l’Université de Rennes a mis en place en 2011 l’observatoire participatif des vers de terre. Une initiative ouverte au grand public. Cet observatoire a par exemple découvert que la communauté lombricienne des villes est plus abondante que celle des grandes cultures ou des régions viticoles. Signe qu’il est urgent de développer l’agro écologie partout où c’est possible. Si vous souhaitez aider les géodrilologues à protéger les vers de terre et à poursuivent leurs travaux, voici le site de l’OPVT 

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Les vers de terre, Terminator des sous-sol © Getty / Chris So
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