Ce matin, le dégel entre les deux Corées qui pourrait passer par la coopération scientifique.Depuis le sommet du 27 avril et les pourparlers de paix historiques entre les sœurs ennemies du Nord et du Sud, les scientifiques se mettent à espérer que les sciences deviennent un vecteur important du rapprochement.

Et même si dans leur déclaration conjointe le président nord-coréen et son homologue sud-coréen, n’ont pas mentionné la science, les chercheurs sont convaincus que de nouvelles collaborations pourraient voir le jour. 

Et quels sont les domaines qui pourraient participer à la reprise du dialogue ? 

Ce sont très probablement les sciences humaines et sociales, l’histoire ou l’archéologie qui pourraient bénéficier des premières coopérations. Disciplines capables de mettre en avant l’Unité des deux Corées. 

C’est par exemple grâce à la géologie et à un super volcan nord-coréen en particulier, le Mont Paektu, que les deux pays pourraient collaborer plus étroitement. Il faut dire que ce volcan située à la frontière entre la Chine et la Corée fait figure de lieu sacré dans la mythologie des deux Corées et qu’il a montré ces dernières années, des signes de réveil. 

En 2016, des sismologues s’étaient inquiétés des essais nucléaires menés non loin de là par le régime nord-coréen et susceptibles de déclencher une éruption. La période de détente qui semble s’ouvrir serait donc de bon augure…  

Est-ce qu’il y a d’autre domaine de coopération qui pourraient se développer ? 

Oui celui de la santé publique qui devrait être une priorité en raison des maladies parasitaires et de la tuberculose contre lesquelles la Corée du Nord se bat avec difficulté. 

La tuberculose représente le problème sanitaire le plus grave dans le pays. Chaque année plus de 100 000 personnes sont touchées par cette maladie parmi lesquelles 4 % sont atteintes par des souches très virulentes qui résistent aux médicaments habituels.

Les autorités de Pyongyang, qui ont compris la gravité de la crise sanitaire, pourraient très vite faciliter les échanges avec Séoul qui héberge de surcroît l’Institut International des vaccins créé en 1997 à l'initiative du Programme des Nations Unies pour le développement. 

Et puis il y a un endroit peu banal où les scientifiques aimeraient nouer des liens, c’est au sein même de la zone démilitarisée. Cette bande de terre de 250 kilomètres de long et 4 kilomètres de large, truffée de millions de mines anti personnelles, est interdite depuis 1953. 

Mais ironie de la situation elle a aussi permis l'éclosion d'une réserve unique de biodiversité qui abrite plus de 3500 espèces végétales et animales dont certaines en voie d'extinction comme l’ours noirs ou la grue à têtes rouge. 

Ce paradis accidentel qui a permis un retour à la vie sauvage, pourrait devenir une zone de conservation. 

Ou quand la nature profite de la dictature !

Selon Antoine Bondaz, chercheur à la Fondation pour la recherche stratégique, si des axes de coopérations scientifiques parviennent à émerger, ce sont surtout des actions symboliques qui se développeront avec des sujets peu sensibles, concentrés sur l’aide humanitaire et échappant bien sûr aux sanctions internationales.

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