On part dans les Alpes à presque 3000 mètres d’altitude, où il n’y a pas beaucoup de neige parce qu’elle fond de plus en plus vite à cause du réchauffement climatique… révélant de nombreux objets piégés jusque-là par la glace.

Réplique du sac de l'homme préhistorique "Ötzi", découvert dans les Alpes en 1991, à côté d'un sac de montagnard d'aujourd'hui
Réplique du sac de l'homme préhistorique "Ötzi", découvert dans les Alpes en 1991, à côté d'un sac de montagnard d'aujourd'hui © AFP / Klaus-Dietmar Gabbert / dpa-Zentralbild

Il y a de tout ! Des piolets égarés par les randonneurs, des boites de conserve datant de la guerre… Mais, les trouvailles qui nous intéressent sont enfoncées encore plus profond dans le temps : un pantalon de cuir et des chaussures appartenant à un chasseur vieux de 3000 ans, son carquois en écorce de bouleau pour ranger les flèches… Ont également refait surface ces dernières années des chaussettes tricotées du Néolithique ou du tissu rouge, preuve qu’ils mettaient déjà de la couleur à l’époque… et même, tenez-vous bien, une raquette, pour marcher dans la neige… on savait aussi s’équiper à la Préhistoire, vous allez voir qu’on va pas tarder à retrouver des skis ! 

Mais le plus marquant de ces trésors archéologiques s’appelle Ötzi : cet homme mort il y a 5300 ans et parfaitement conservé, découvert souvenez-vous le 19 septembre 1991. Je vous donne la date parce qu’à deux semaines près, on passait à côté : la glace qui fond fait, certes, renaître ce qui a été figé plusieurs années, MAIS ne protège plus de l’air, l’humidité, le soleil, qui en quelques jours à peine décomposent entièrement ces vestiges. Et c’est pour cela que l’archéologie glaciaire prend de l’ampleur car les spécialistes savent que l’accélération de la fonte des glaciers va sacrifier des milliers d’objets… les Alpes c’est immense, il est impossible d’être partout où ils resurgissent. 

Comment font les archéologues alors ?

En plus des expéditions et des modélisations pour mieux repérer les lieux où fouiller, ils voudraient faire des usagers de cette haute montagne des vigies, car ce sont eux qui tombent le plus souvent sur ces traces de notre passé. Alors surtout SANS toucher, ni déplacer, encore moins embarquer - c’est illégal je le rappelle - mais en photographiant l’objet, et son contexte (très important ça raconte plein de choses), avant de prévenir bien sûr les archéologues. Une forme de science participative pour sauver ce patrimoine que - ne nous y trompons pas - les Indiana Jones alpins préféreraient toujours prisonnier de la glace… A défaut, ils l’explorent pour mieux comprendre la vie en montagne il y a des millénaires. Ça s’appelle voir le verre à moitié plein et parfois même à l’heure du petit dej' ça fait du bien. 

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