Une publication de l’Université d’Edimbourg dans la revue "Nature" montre que les plantes de l’Arctique sont en train de pousser à vive allure. Et ce n'est pas du tout une bonne nouvelle. Explications.

Des plantes de plus en grandes colonisent l'Arctique, signe du réchauffement climatique
Des plantes de plus en grandes colonisent l'Arctique, signe du réchauffement climatique © Getty / Patricia Hamilton

Avec une publication de l’Université d’Edimbourg parue la semaine dernière dans la revue Nature et qui montre que les plantes de l’Arctique sont en train de pousser à vive allure

Alors qu’on imagine l’Arctique comme un vaste paysage de glace totalement désolé, ce territoire abrite en réalité des centaines d’espèces d’arbustes, d’herbes et autre plantes de basse altitude qui jouent un rôle essentiel dans le cycle du carbone et l’équilibre énergétique.

L’équipe internationale qui a coordonnée ces travaux a analysé plus de 60 000 données provenant de centaines de sites autour du cercle polaire en Alaska, Canada, Islande, Scandinavie et en Sibérie, mais aussi dans les Alpes à des altitudes élevées qui ressemblent à l’Arctique. 

Leur conclusion est simple, depuis 30 ans, partout dans la toundra, ce sol gelé en profondeur, le réchauffement et l’humidité entraînent l’augmentation de la taille de la végétation et l’arrivée de nouvelles plantes plus grandes. 

Les petits arbustes en particulier se mettent à croître et à se multiplier à un rythme effréné. Selon les chercheurs, si les végétaux continuent d’augmenter au rythme actuel, leur hauteur pourrait gagner 20% à 60% d’ici la fin du siècle. Une situation qui peut aussi s’observer au sommet des Alpes. 

Quelles conséquences sur l’écosystème Arctique ? 

Des changements importants sur le fonctionnement même de l’écosystème Arctique. Avec un accroissement de la couverture végétale dans ces régions, ce sont des hauteurs de neige plus importantes qui vont s’accumuler au pied des arbres. Et cette végétation, de couleur sombre, va diminuer le pouvoir réfléchissant de la neige qui va renvoyer moins de chaleur et de rayonnement solaire vers l’espace.

Mais c’est aussi la question du carbone qui est au centre des inquiétudes avec le pergélisol qui est censé être imperméable et qui retient 30 à 40% du stock mondial de carbone. Une augmentation des températures pourrait accélérer le dégel de ce réservoir et entraîner un relargage des gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Sans parler du méthane, autre sujet de préoccupation.

Alors même si un pays comme le Groenland peut se mettre à rêver de posséder lui aussi de grandes forêts pour devenir plus autonome, ce développement de la végétation n’est pas une très bonne nouvelle. 

L'Arctique boisé : pourquoi c'est une mauvaise nouvelle

Parce que ce qui se passe en Arctique va alimenter le changement climatique sur l’ensemble de la planète. 

Au cours des trois dernières décennies, les températures ont augmenté là-bas d’un degré Celsius en hiver et 1,5 degré en été. Cela peut sembler assez minime et pourtant cela modifie tous les équilibres.  

L’Arctique est d’ailleurs considéré comme le baromètre mondial du changement climatique puisque toutes les conséquences observées aujourd’hui vont se reproduire dans quelques années dans les régions situées plus au sud. 

Au moment où le GIEC confirme l’urgence de la situation, avec la montée implacable des dérèglements, la stabilisation du réchauffement climatique reste la priorité absolue. 

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L'Etude parue dans la revue Nature

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