Le monde du cinéma et de la télé serait en train de passer au vert afin de réduire les nuisances liées à ses activités, car même s’il n’existe aucune obligation légale pour les productions de répondre à des normes écologiques, la prise de conscience de l’urgence climatique semble aussi toucher la profession.

La prise de conscience de l’urgence climatique semble aussi toucher le secteur du cinéma
La prise de conscience de l’urgence climatique semble aussi toucher le secteur du cinéma © Getty / Phil Hunt

Ce sont donc les tournages de fictions et les émissions de plateau à la télévision qui ne veulent plus se contenter de relayer des messages écologiques par le biais de leurs films ou de leurs programmes, et qui seraient en pleine transition pour diminuer l’empreinte carbone de toute la filière de l’image. Et il était temps car les tournages de vos films et séries préférées sur Netflix sont de véritables machines à polluer la planète.

Que sait-on de l’impact carbone de ce secteur ? 

Rien qu’en France rappelle Mathieu Delahousse, le Président de Secoya, une société de conseil et d’accompagnement de projets éco-responsables : le secteur de l’audiovisuel représente 187000 salariés. Et en 2010, une étude du collectif Ecoprod indiquait que son bilan carbone chaque année dans notre pays était de 1,1 million de tonnes de CO2 soit l’équivalent de 410 000 allers-retours Paris/New-York. 

Mais il y a plus étonnant encore : en 2006 une étude révélait qu’Hollywood et ses studios étaient les deuxièmes plus gros pollueurs de la Californie après l’industrie du pétrole.

Donc vous l’avez compris l’affaire est loin d’être anecdotique et c’est à chaque étape de la fabrication des films qu’il faut questionner les pratiques et provoquer des changements. De quoi sortir le carton rouge à James Bond qui, à lui seul, nécessite des tournages dans plusieurs pays à la fois, avec une addition pour les transports et la logistique totalement stratosphérique.  

Quelles sont les pistes concrètes qui sont envisagées ? 

Selon Mathieu Delahouse, cette transition écologique doit questionner les producteurs qui doivent par exemple réfléchir à la nécessité d’aller tourner à l’étranger. Les grosses productions sont très énergivores. Outre les projecteurs et les groupes électrogènes, les équipes se déplacent beaucoup en avion ou en voiture. Des décors sont parfois utilisés pour une seule scène. Pourquoi ne pas favoriser les ressources locales ?

Cet engagement éthique et écologique peut d’ailleurs ouvrir de nouvelles perspectives avec des partenaires financiers désireux d’associer leur image à l’écologie.

Eco Prod fait actuellement un travail d’accompagnement pour aider les productions à diminuer les coûts et réduire le gaspillage. Ils ont déjà travaillé pour des séries comme Baron noir, le film Poly de Nicolas Vanier ou des publicités pour de grandes marques.

Bon le but évidemment n’est pas de tourner le prochain Seigneur des Anneaux dans un placard ou de rogner la création sous prétexte que cela produit moins de carbone, mais l’idée est susciter une prise de conscience générale et de proposer des outils concrets. 

Les tournages écolo, ce sera l’un des sujets tout à l’heure de la Terre au carré.

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