Théophile Magali, doctorant en économie et gestion de l’Université Paris Dauphine, travaille sur une thèse portant sur la régulation des marchés de la publicité en ligne. Et il signe cette semaine sur le site "The Conversation", un article très intéressant sur la pollution de la publicité numérique.

Publicités à Timesquare, New-york
Publicités à Timesquare, New-york © Getty / Alexander Spatari

Cette année pour la première fois dans le monde, les investissements dans la publicité en ligne ont détrôné ceux des canaux traditionnels. Et selon les projections, en 2023, ils devraient représenter deux tiers des dépenses totales consacrées aux médias. 

A partir des années 1990 avec l’arrivée d’Internet, cette nouvelle forme de publicité s’est rapidement imposée. Et aujourd’hui elle pullule sur nos écrans et dans l’espace public. C’est bien simple elle est partout et semble nous poursuivre… On peut citer les publicités qui vous sautent au visage dès que vous déclenchez une vidéo sur YouTube, les requêtes sponsorisées qui vous suivent à la trace lorsque vous allez sur votre moteur de recherche, mais aussi les diffusions massives de mails publicitaires et les panneaux numériques qui fleurissent sournoisement ces derniers temps dans le métro ou sur le mobilier urbain. 

Un format publicitaire energivore

Malgré la dématérialisation de cette publicité, tout cela est extrêmement énergivore. En effet, la publicité en ligne fait appel à d’énormes capacités de stockage, à une consommation d’électricité très importante sans compter les ressources en terres rares nécessaires aux équipements. 

Alors même si le coût énergétique est très difficile à calculer précisément, une étude publiée l’année dernière indique que la consommation mondiale en énergie de la publicité numérique se serait élevée en 2016 à 106 Térawatt/heures (TWh) ce qui correspond à 1,5 fois la consommation annuelle d’électricité de la région Ile-de-France.  

Les panneaux publicitaires numériques particulièrement visés 

Cela parce que les diodes électroluminescentes sont très gourmandes. Selon l’association « Résistance à l’agression publicitaire », un panneau avec une face numérique consomme sept fois plus que le plus énergivore des mobiliers non numériques. 

Ces écrans sont en outre fabriqués à partir de matériaux rares, extraits dans des conditions sociales et écologiques qui n’ont rien de durables et de climato-compatibles.

Il est donc temps selon Théophile Megali de réduire la voilure et de viser la sobriété en faisant baisser le volume publicitaire et en demandant à la pub elle-même de participer aux efforts collectifs fournis notamment par les consommateurs. 

Comble de l’ironie, une publicité d’EDF que vous pouvez voir actuellement sur les panneaux numériques a pour slogan « moins consommer c’est bien s’équiper »!!! 

L’image fait en ce moment le tour des réseaux sociaux. L’article de Théophile Magali est à lire sur le site The Conversation France et il sera l’invité de la Terre au Carré cet après-midi pour nous en dire plus.  

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