Le zombie est un excellent prétexte pour catalyser de la réflexion scientifique avec le public. Jean Christophe Cassel et Laurent Nexon revendiquent ce pas de côté afin de faire sortir la science de leur laboratoire et de la partager sur ce mode décalé.

Le cerveau des zombies : un bon modèle de recherche en neurosciences ?
Le cerveau des zombies : un bon modèle de recherche en neurosciences ? © Getty / inhauscreative

Tout commence en 2013 sur une boutade lorsque Jean Christophe Casse, le directeur du laboratoire de neurosciences cognitives et adaptatives de l’Université de Strasbourg, décide de donner un faux cours de rentrée aux étudiants en première année de psychologie sur la dualité cartésienne de décorporation de l’âme chez le zombie.

L’occasion d’aborder le plus scientifiquement du monde, les caractéristiques comportementales des zombies depuis leurs problèmes de motricité posturale et de mémoire catastrophique jusqu’à leurs troubles du sommeil ou leur appétit féroce pour la chair humaine. 

Les étudiants en ont redemandé. Et puis plus récemment, Jean Christophe Casse, s’est vu proposer par son confrère Laurent Nexon qui est docteur en neurosciences de creuser l’idée et de présenter une conférence grand public sur le thème « Le zombie est-il un bon modèle en neuroscience »? Ce qui fut fait le 16 mars dernier dans le cadre de la semaine du cerveau.   

Comment ont-ils exploré scientifiquement cette question ?   

En conviant des confrères afin d’interroger les connaissances actuelles en neuropsychologie. Et c’est une foule de questions qui ont jailli devant un public interloqué. Par exemple : le zombie peut il ressentir ou pas la douleur ? Présente t-il un défaut de perception du signal nociceptif au niveau de son système nerveux central ? 

La question de son addiction à la chair humaine a également été longuement débattue en imaginant des expériences pour tester d’autres prédispositions à des addictions comme la cocaïne, le cannabis, la nicotine ou l’alcool. La chair humaine semblant toujours l’emporter. 

Le fonctionnement de la mémoire du zombie est aussi un sujet majeur qui permet d’expliquer comment évaluer ses troubles de la mémoire épisodique à partir de tests neuropsychologiques habituellement réalisés chez l’être humain. Car le zombie semble être un très bon modèle pour parler des maladies neurodégénératives comme la maladie d’Alzheimer.   

À quoi ressemble le cerveau d’un zombie ? 

Pour les chercheurs de Strasbourg c’est un super modèle qui présente le grand avantage de combiner à lui tout seul de très nombreux troubles. Un cerveau atrophié au niveau du cortex frontal et des lobes temporaux qui pourraient expliquer ses problèmes de navigations et d’orientation spatiale. 

Mais aussi des hypertrophies dans les régions de l'hypothalamus qui sont impliquées dans la sensation de faim. Et enfin des atrophies dans la région des amygdales (celle du cerveau) qui pourraient aussi expliquer pourquoi le zombie a un comportement extrêmement pauvre en émotion.

Le zombie est un excellent prétexte pour catalyser de la réflexion scientifique avec le public. Ça n’est d’ailleurs pas la première fois que les zombies suscitent l’intérêt de la part de chercheurs. En 2017 une équipe de chercheurs britanniques avaient publié une étude affirmant qu’il suffirait d’une centaine de jours aux zombies pour anéantir l’humanité

Jean Christophe Cassel et Laurent Nexon revendiquent ce pas de côté afin de faire sortir la science de leur laboratoire et de la partager sur ce mode décalé. 

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