Mathieu, ce matin dans l’édito carré, des révélations sur nos origines les plus lointaines…

Et oui ma vieille éponge de Nicolas ! 

La semaine dernière on apprenait en effet que le débat était peut-être enfin tranché pour dire qui de l’éponge de mer ou du peigne était notre plus vieil ancêtre. 

Un sujet de controverse et de clivage entre les scientifiques autour de notre passé le plus ancestral. Mais le Professeur David Pisani de l’Université de Bristol au Royaume-Uni a livré ses conclusions: les éponges représenteraient bien la plus ancienne lignée de tous les animaux vivant sur la planète. Il faudra donc nous y faire mais nous serions tous Nicolas, les enfants d’une éponge de mer ! 

Et comment ce chercheur a procédé pour l’affirmer ? 

Pour remonter à la racine de l’arbre animal, le professeur Pisani a utilisé des techniques de modélisation en faisant appel aux mathématiques et à l’informatique pour comparer d’un côté les acides aminés des éponges et de l’autre ceux des cténaires, des organismes marins carnivores et transparents qui ressemblent à des méduses et qui sont aussi de bons candidats au titre de plus vieil animal.  

C’est en calculant les relations de parenté entre ces deux espèces et leur matériel génétique que le scientifique a pu les départager. 

En arrivant première sur la ligne d’arrivée, l’éponge nous permet non seulement de connaître notre ancêtre le plus lointain mais aussi de mieux comprendre notre propre évolution avec des fonctions clefs de l’anatomie animale liées au système nerveux ou au système digestif. 

Le biologiste anglais a donc rendu à l’éponge ses lettres de noblesse, elle qui a été longtemps été considérée comme un vulgaire végétal. 

Et a quand remonterait l’apparition de la première éponge de mer ? 

Et bien l’année dernière, en pratiquant des analyses génétiques, des chercheurs du MIT ont trouvé des traces moléculaires associées aux éponges marines dans des roches âgées de 640 millions d’années. Et cette découverte serait la preuve que les éponges sont apparues sur terre bien avant les autres animaux. Car c’est beaucoup plus tard au moment de l’explosion du Cambrien, il y a 540 millions d’années que la plupart des groupes d’animaux ont envahi la planète.

Les éponges qu’on appelle aussi des spongiaires comptent environ 10 000 espèces. Elles se caractérisent par un corps mou, percé de petits trous et qui est soutenu par un squelette composé de calcaire ou de silicium. Et c’est parmi les éponges siliceuses que se trouvent nos éponges de maisons. 

Des éponges qui vivent un calvaire puisqu’on les trempe dans des solutions acides pour dissoudre leur squelette. Et c’est le corps spongieux que nous récupérons et que nous avons exploité et essoré sans retenu depuis des lustres en les transformant en vulgaires objets de cuisine. 

D’ici à ce que les associations de défenses des animaux portent plaintes pour maltraitance il n’y a qu’un pas ! En tous les cas Nicolas ce qui est sûr, c’est que vous ne regarderez plus vos éponges de la même manière en faisant la vaisselle et en repensant à vos origines. 

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