Ce matin dans l’édito carré, la découverte d’une termitière monumentale au Brésil.

Termitière dans le Parc national de Nitmiluk, Territoire du Nord, Australie
Termitière dans le Parc national de Nitmiluk, Territoire du Nord, Australie © Getty / Artie Photography (Artie Ng)

Il arrive parfois que la science nous offre des histoires tout à fait spectaculaires. Et celle qui nous intéresse ce matin trouve sa place au chapitre des créations dantesques de la nature. 

Des chercheurs britanniques ont en effet découvert dans les forêts sèches du nord-est du Brésil, des millions de structures en terre sur plus de 230 000 kilomètres carrés. Et on les doit à une seule et même espèce de termite mesurant environ un centimètre : Syntermes Dirus

Ces monticules représentent en superficie la taille de la Grande-Bretagne ou 2 000 fois la surface de Paris selon la termitologue Anne Geneviève Bagnères Urbany qui a fait le calcul pour nous !

Ce serait selon Stephen Martin de l’Université de Salford au Royaume-Uni à l’origine de cette découverte époustouflante, la plus grande construction sur la surface de la terre dû à un autre animal que l’homme.

C’est en regardant sur Google Earth que le chercheur a estimé que cette région Brésilienne était recouverte par plus de 200 millions de monticules de forme conique mesurant chacun environ 2 mètres 50 de haut et 9 mètres de large. La surface délirante de ces constructions est exceptionnelle tout comme leur étonnante régularité puisqu’elles sont chacune espacées d’une vingtaine de mètres les unes des autres ! 

Mais leur ancienneté est également déroutante avec un âge estimé pour certains monticules à près de 4 000 ans. Depuis l’Egypte ancienne, une seule espèce de termite a donc déplacé d’énormes quantités de terre au point de produire cette gigantesque mégalopole.

Et personne ne l’avait identifiée auparavant ?

Ces monticules étaient connus des habitants qui les appellent des « murundus » mais personne n’avait idée de leur ampleur. De leur côté les scientifiques ne les avaient pas repérés puisqu’ils étaient recouverts par la forêt épineuse de cette région, la Caatinga. Ce sont des parties récemment coupées de la forêt qui ont révélé l’étendue de la structure. 

Et c’est sans doute avec les feuilles des arbres que se trouve le secret de ces constructions démesurées. Ces feuilles, qui ont la particularité de ne tomber qu’une fois par an et de disparaître très vite, représentent en effet la seule nourriture des termites. Cette offre alimentaire sporadique expliquerait un tel réseau de monticules. Stéphen Martin compare cette situation à un supermarché qui ne serait ouvert qu’un jour par an. La personne avec la voiture la plus rapide obtiendrait le plus de nourriture. D’où la nécessité pour les termites de disposer d’un très vaste réseau de tunnels interconnectés pour trouver de quoi manger, minimiser les coûts énergétiques et éviter la concurrence avec d’autres colonies. 

Espérons maintenant que la déforestation ne détruise pas cet ouvrage inédit qui pourrait être inscrit au patrimoine mondial du termite. Cette découverte n’étant que la partie émergée d’un réseau de nids sous terrain tentaculaire. 

Un point de départ pour comprendre la vie de ces insectes et leur carte d’identité génétique. 

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