Ces vagues sont mythiques et font partie des légendes entourant les marins : des vagues imprévisibles et gigantesques (jusqu'à trente mètres de hauteur !). Pendant longtemps personne n’a cru ces descriptions apocalyptiques. Des chercheurs écossais ont compris aujourd'hui comment elles se formaient.

Longtemps jugées mythiques, on sait maintenant que les vagues scélérates existent bel et bien.
Longtemps jugées mythiques, on sait maintenant que les vagues scélérates existent bel et bien. © Getty / MathieuRivrin

La disparition de navires dans des conditions mystérieuses a permis d’envisager sérieusement l’existence de ces vagues beaucoup plus hautes que les autres. Il a fallu attendre le 1er janvier 1995, pour que l’une d’entre elles soit mesurée pour la première fois

Baptisée « vague du nouvel an » elle est aussi connue comme la « vague Draupner » du nom de la plateforme pétrolière sur laquelle elle s’est écrasée en pleine mer du Nord. Cette plate-forme qui disposait d’une sonde capable de calculer l’élévation de la surface de la mer a enregistré ce jour-là une vague de 26 mètres de hauteur ! Monstrueux. 

L’existence de vagues scélérates était désormais reconnue officiellement. 

Qu’est ce qui caractérise ces vagues ? 

Contrairement aux tsunamis qui ne s’élèvent qu’à l’approche des côtes, ces vagues peuvent surgir en pleine mer en eaux calmes comme pendant des tempêtes. 

Pour être une vague scélérate il faut que sa hauteur soit deux fois plus importante que la hauteur moyenne des vagues qui l’entourent. Selon l’équation de Schrödinger, cette vague grossit en « vampirisant » l’énergie des autres. 

Quelles sont les conditions menant à la création de ces vagues ?

Il y a quelques jours, après 25 ans de recherche, des scientifiques entêtés de l’université d’Edimbourg en Ecosse ont publié leur découverte concernant la dynamique de formation de ces vagues en reproduisant la fameuse vague Draupner dans leur laboratoire. 

Alors bien sûr, ces scientifiques n’ayant pas les moyens d’une super production Hollywoodienne, leur vague ne mesurait pas 25 mètres de haut. Mais ils ont pu créer une mini-vague dans un bassin pour étudier précisément la physique du phénomène. 

Et ils révèlent que ces vagues scélérates sont liées à la rencontre de deux fronts de vagues qui circulent dans des directions différentes et qui se rencontrent à exactement 120°.

C’est la conjonction de ces deux systèmes de mers croisées qui donnent naissance à ces vagues cauchemardesques. Et bien figurez-vous que ce comportement de déferlante n’avait jamais été observé auparavant.  

Que peut-on espérer maintenant avec cette découverte ? 

Les scientifiques en comprenant ce mécanisme espèrent pouvoir anticiper les vagues scélérates afin de prévenir les accidents et sauver des vies. 

Ces vagues ont en effet déjà été à l’origine de naufrages ou d’accidents sérieux. 

Les passagers du Jean Nicoli, un paquebot qui faisait la liaison entre Ajaccio et Marseille en mars 2017 se souviendront longtemps du mur d’eau estimé entre 15 et 20 mètres, qui s’est abattu sur leur bateau. 

Heureusement aucune victime n’a été a déplorée. Mais les dégâts ont été très importants et le navire a été obligé d’accoster en urgence à Toulon.

Les vagues scélérates peuvent mesurer jusqu’à 30 mètres et peuvent sans problème couler des bateaux. Certains pensent même Nicolas qu’elles seraient en cause dans les nombreux naufrages du célèbre triangle des Bermudes….

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