Avec des projets d'exploitations, les fonds marins sont en ce moment le théâtre de nombreuses convoitises. Il s’agit du plus vaste écosystème de notre planète puisqu’il représente les deux tiers de la surface du globe. Ce sont ces mystérieux abysses qui restent moins bien connu que notre système solaire.

Le submersible "Jiaolong" à la sortie de l'eau après avoir atteint la profondeur record de 7 200 mètres
Le submersible "Jiaolong" à la sortie de l'eau après avoir atteint la profondeur record de 7 200 mètres © Maxppp / ChinaFotoPress

95 % des grandes profondeurs restent en effet encore inexplorées en raison de la pression écrasante qui y règne. Ce milieu est tellement hostile qu’à l'heure actuelle seulement quatre personnes ont atteint l’endroit le plus profond connu à ce jour, à savoir la fosse des Mariannes avec ses 11 000 mètres de profondeur ; alors que douze hommes ont marché sur la Lune ! 

On a longtemps pensé que toute vie était impossible dans les abysses mais dans les années 70, tout change avec les premiers bathyscaphes qui révèlent un foisonnement biologique au sein d'écosystèmes inconnus

Depuis, c’est tout un univers fascinant et hors normes qui a été révélé dans les tréfonds obscurs. 

Près des sources hydrothermales par exemple à des milliers de mètres de profondeur, les abysses sont fréquentés par des organismes extrêmophiles et bioluminescents essentiellement constitués d’eau et de parties molles qui leur permettent de résister aux pressions extrêmes et aux hautes températures. 

Et pourtant ce milieu extraordinaire est en ce moment le théâtre de nombreuses convoitises.

Après l’or noir qui a permis à l’industrie pétrolière d’extraire des hydrocarbures sous 3 000 mètres d’eau, les industriels rêvent maintenant d'exploiter les millions de tonnes de métaux précieux qui gisent dans les grands fonds sous forme d’or, de cuivre, d’argent ou de cobalt.

Et c’est une vraie course contre la montre qui s’est engagée entre les biologistes inquiets et les industriels qui lorgnent sur ces richesses sous-marines. 

Citons la société d’exploration minière sous-marine Nautilus Minerals Inc. basée en Colombie-Britannique et qui a été la première à vouloir labourer les fonds marins de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, pour en extraire des sources potentielles de cuivre, de zinc et d'argent. 

Pour le moment le projet patine mais les Canadiens ne sont pas prêts de lâcher le morceau. Et de son côté la France n’est pas en reste et compte bien jouer un rôle de premier plan dans l'exploitation des grands fonds marins. 

Quels sont les risques potentiels ? 

De fragiliser ces écosystèmes très sensibles aux moindres changements. Des études ont montré que la perte d’une fraction de la biodiversité des fonds marins s’accompagne d’un déclin exponentiel des fonctions biologiques remplies par cet écosystème. 

L’autre problème, ce sont les nuages de particules qui seront soulevés lors de l’extraction des ressources sur le plancher océanique. Il n’est pas exclu que ces particules en suspension étouffent les écosystèmes adjacents. Sans compter le bruit engendré par les machines dont on sait qu’il perturbe les grands mammifères marins. 

L’exploitation industrielle du fond des océans est donc en train de se préparer et cela pour satisfaire les besoins grandissants en métaux de nos technologies pour la fabrication de nos tablettes, smartphones, véhicules électriques ou éoliennes.

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