Ce matin dans l’édito carré, la hausse rapide d’un gaz à effet de serre : le méthane. Il est devenu le deuxième gaz à effet de serre généré par l'homme..

Les vaches produisent du méthane
Les vaches produisent du méthane © Getty / Images Etc Ltd

Le méthane, cet autre gaz à effet de serre 

Dans la série des bonnes nouvelles à l’heure du café-biscotte, j’ai l’immense plaisir de vous servir, ce matin, une belle tranche de réchauffement climatique généreusement tartinée au beurre de méthane. 

Longtemps négligé et moins médiatisé que son cousin CO2, le CH4 est pourtant devenu le deuxième gaz à effet de serre d’origine anthropique en terme d’importance. Beaucoup moins présent dans l’atmosphère que le dioxyde de carbone, le méthane est, en revanche, bien plus puissant puisqu’il piège 28 fois plus de chaleur que le CO2

Et selon l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique, ces concentrations n’ont cessé d’augmenter pour atteindre désormais 1866 parties par milliard. 

Ce taux ne doit pas beaucoup vous parler. Retenez simplement que c’est 2,6 fois plus qu’avant l’ère industrielle et tout simplement du jamais vu sur notre bonne vieille planète depuis 800 000 ans ! Une augmentation qui est particulièrement marquée ces quatre dernières années.

Et quelles sont les sources de méthane à l’origine de ces concentrations ? 

Elles sont très variées, comme le rappelle la chercheuse Marielle Saunois, qui coordonne l’inventaire mondial de méthane et qui précise que le CH4 provient aussi bien des activités humaines que des sources naturelles

Du côté des activités anthropiques, on peut citer l’élevage, la culture du riz, très émettrice, la gestion des déchets solides ou liquides et la production d’énergies fossiles

Et autant vous dire que calculer précisément la concentration de méthane dans le monde est un vrai casse-tête. 

Prenez l’exemple des bovins qui sont connus pour ruminer et émettre des quantités faramineuses de méthanes lorsqu’ils digèrent. Pour évaluer l’impact de leurs émissions, les chercheurs doivent calculer combien il y a de ruminants dans chaque région du monde, ce qu’ils mangent et quel est leur poids. Derrière chaque rototo de vache se cache un scientifique avec une calculette

Et pour les sources naturelles, c’est la même chose. Il faut inventorier les zones inondées, les lacs, les fleuves, les sols gelés ou bien le dégazage de la croûte terrestre. Un vrai travail de fou ! 

Et comment expliquer la hausse de ces émissions de méthane ? 

Les raisons de cette augmentation restent très débattues dans la communauté scientifique. Selon Marielle Saunois, il y a plusieurs suspects et sans doute pas un seul coupable. Mais parmi les coupables possibles, citons les zones humides tropicales qui sous l’influence du changement des températures relâchent plus de méthane. Les émissions anthropiques continuent aussi d’augmenter comme celles qui sont liées aux combustibles fossiles, à l’agriculture et aux déchets. 

L’heure est donc à la réflexion pour réduire ces émissions. Parmi les pistes intéressantes : baisser la consommation de viande et de produits laitiers pour réduire la taille des élevages, mieux gérer les déchets afin de récupérer et transformer le méthane et enfin drainer les rizières pour réduire l’impact. 

Des initiatives indispensables pour ne pas définitivement pleurer à chaudes larmes sur l’objectif de l’accord de Paris qui vise à limiter, on peut toujours le rappeler, le réchauffement climatique en dessous des 2°C. 

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