On s'intéresse ce matin à un phénomène étonnant observé dans les rues inondées de Houston.

Comment ces fourmis s'organisent-elles pour échapper aux inondations comme ici au Texas suite à la tempête Harvey ?
Comment ces fourmis s'organisent-elles pour échapper aux inondations comme ici au Texas suite à la tempête Harvey ? © Getty / Icon Sportswire

Oui et ce phénomène à fait le tour des réseaux sociaux: ce sont ces grappes de fourmis naviguant à bord de radeaux vivants.

Pour en savoir plus, j’ai passé un coup de fil à Audrey Dussutour, spécialiste de l’intelligence collective des fourmis à l’Université Paul Sabatier de Toulouse.

Ces fourmis appartiennent à la redoutable espèce Solenopsis invicta. Bon ça c’est pour la frime car on les appelle aussi « fourmis de feu » ou « fourmis électrique » en référence à leur redoutable venin. Ces petites pestes à la mandibule de compétition sont en effet très agressives.

La fourmi de feu est une espèce invasive originaire d’Amérique du Sud qui serait arrivée par le Mexique après avoir navigué sur le Rio Grande ! Le cauchemar de Donald Trump !

Mais à juste titre car son pouvoir destructeur est sans limites. On estime à 128 millions, le nombre d’hectares colonisés par cette fourmi dans tout le Sud des Etats-Unis et à 6 milliards de dollars par an, le coût environnemental et sanitaire de ce despote qui prend l’ascendant sur toutes les autres espèces de fourmis qui croise sa route.

Alors comment s’y prennent-elles pour fabriquer leur radeau ?

Leur secret de fabrication repose sur l’intelligence du groupe avec un processus auto-organisé.

Pas de chef à bord donc même si l’objectif principal est de protéger les reines, ces grosses feignasses capricieuses qui n’en foutent pas une.

C’est le reste de la communauté – plusieurs centaines de milliers d’individus - qui s’affaire à construire le radeau à la vitesse de l’éclair : en moins de 3 minutes selon les observateurs !

Pour tisser la structure imperméable de leur embarcation, les fourmis s’agrippent entre elles par leurs tarses, les petites griffes de leurs pattes. La nature les ayant également doté d’un corps huileux, elles se transforment, ainsi serrées, en un radeau gonflable aux propriétés viscoélastique.

Mais mieux encore, pour respirer sous l’eau, les fourmis de feu fabriquent des bulles d’air entre la tête et le thorax. Ces cavités font office de bouteilles de plongée !

Lorsque l’une d’entre elle a épuisé sa réserve d’oxygène, elle remonte à la surface remplacée par une autre. Un véritable esprit de coopération !

Ces fourmis peuvent voyager longtemps sur leur radeau ?

Pendant des semaines ! Et pour casser la croûte pendant la navigation, elles emportent avec elles des réserves de larves qui leur servent de coupe faim. Le cannibalisme étant tout a fait banal chez la fourmi. Des larves qui peuvent aussi servir de canots de sauvetage le cas échéant !

Sachez enfin, qu’en cas de menace de submersion, la première chose dont les fourmis se débarrassent ce sont les mâles ! Pas la peine de faire le kéké chez les fourmis. En dehors de perpétuer l’espèce, le mâle ne sert à rien !

C’est donc ainsi que les piquantes fourmis électriques du Texas mettent à profit les inondations pour gagner de nouveaux territoires.

Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.