Ce matin dans l’édito carré la restriction alimentaire confirme ses effets bénéfiques…

Les preuves s’accumulent en faveur de la réduction calorique et l’intérêt de ces recherches ne cesse de croître pour identifier les mécanismes qui interviennent et qui pourraient entraîner l’augmentation de la longévité. Et n’en déplaise à tous les amateurs de ripailles gauloises et de banquets pantagruéliques, c’est en mangeant moins qu’il semblerait que l’on puisse prolonger la durée de vie.

Précisons cependant qu’une grande partie des études menées jusqu’à maintenant sur la question, concernait principalement des modèles animaux avec une durée de vie courte comme les vers, les mouches des fruits et les souris. Mais chez ces espèces, des résultats souvent spectaculaires ont été obtenus après un régime strict, avec le maintien d’une jeunesse physiologique et une longévité augmentée de 30 à 50% ! Chez le ver Caenorhabditis elegans qui vit normalement une vingtaine de jours, les chercheurs sont arrivés à une durée moyenne de 150 jours. Transposé à l’homme cela allongerait notre vie  jusqu’à... 500 ans ! Jeanne Calmant avec son record à 122 ans pourrait aller se rhabiller… 

Est ce que des études de ce type ont été menées chez les primates ? 

Oui mais contrairement aux modèles invertébrés ou aux rongeurs, l’efficacité de la restriction calorique chez les primates non humains n’a pas encore été totalement démontrée. Évoquons quand même des résultats très intéressants chez des macaques rhésus et sur des lémuriens ayant suivi une diète chronique. 

Alors bien sûr tout le monde se demande si le régime hypocalorique peut fonctionner aussi chez l’Homme, histoire de repousser un peu l’heure du dernier soupir. Mais le sujet divise énormément les gérontologistes. Certains affirmant par exemple que nous sommes une espèce à part et que l’on ne peut pas transposer des résultats obtenus chez d’autres animaux

Le problème c’est qu’il est très difficile de mettre en place des études de longévité chez une espèce comme la notre dont la durée de vie est très longue. C’est beaucoup plus simple chez un ver qui ne vit que vingt jours. Et puis la mise en place d’essais cliniques randomisés sur l’Homme pose des problèmes éthiques. Comment imposer à des individus de limiter leur apport calorique de 25% pendant une très longue période lorsqu’on ne maîtrise pas tous les problèmes physiopathologiques liés à un régime sévère ?!  

Cependant, le 22 mars dernier une étude américaine réalisée sur des participants ayant réduit leur apport calorique de 15% en moyenne sur deux ans, confirme les bénéfices par rapport à un groupe témoin n’ayant reçu aucune restriction alimentaire. Outre une perte de poids de près de 9 kg, tous les indicateurs montrent une diminution des dommages liés au vieillissement avec un ralentissement métabolique durable et une réduction du stress oxydatif.  

En conclusion, même si la restriction calorique ne parvient pas à allonger la durée de vie chez toutes les espèces, les résultats obtenus sont prometteurs et ces recherches restent un moyen fascinant et un outil précieux pour étudier l’augmentation de la longévité, le retard du vieillissement et la prévention des pathologies liées à l'âge. Alors allez-y mollo sur les croissants !

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