Les « scientifiques atomiques » (parmi lesquels se trouvent 15 prix Nobel) donnent les conclusions de leur bulletin annuel, concernant le temps qui nous sépare de l’Apocalypse : c’est la pire estimation depuis les débuts de la guerre froide. Explications.

Et oui car je suis le messager des bonnes nouvelles Nicolas. 

Mais je ne suis pas le seul…  Le 25 janvier dernier, alors que personne ne leur demandait rien, les « scientifiques atomiques » de l’Université de Chicago livraient les conclusions de leur bulletin annuel, concernant le temps qui nous sépare de l’Apocalypse ("Doomsday Clock"). 

Ces oiseaux de mauvais augures, parmi lesquels se trouvent 15 prix Nobel, venaient rappeler à l’Humanité confite dans son indifférence, que l’aiguille de l’horloge était placée à 23h58 et qu’elle s’était même rapprochée de 30 secondes de minuit, heure devant signer le jour du jugement dernier. 

Mais d’où sort cette horloge ? 

Cette pendule conceptuelle a été créée en 1947 au moment de la guerre froide, lorsque la planète a pris pleinement conscience que faire joujou sans un minimum de précaution avec des atomes d’uranium ou de plutonium, pouvait aboutir à des sérieux désagréments. 

C’est donc le danger des armes nucléaire qui est à l’origine de cette horloge. 

Mais depuis 10 ans d’autres joyeusetés sont aussi prises en compte comme le changement climatique, les problèmes liés aux hydrocarbures et tous les risques associés aux nouvelles technologies. Il faut dire que l’imagination de l’homme est sans limite pour faire ressembler la planète à un baril de dynamite. 

Depuis le 25 janvier, l’aiguille de l'horloge affiche donc 23h58. C’est la pire estimation depuis les débuts de la guerre froide.

Et pourquoi a t-elle avancé de 30 secondes cette année ? 

Et bien parce que les scientifiques ont jugé les dirigeants mondiaux dans l’incapacité à faire face aux menaces imminentes d'une guerre nucléaire et au changement climatique. 

Ah qu’il est loin le bon temps comme en 1991 où l’horloge était placée à 23h43. C’était ce temps heureux où le mur de Berlin était tombé deux ans plus tôt et où l'URSS et les États-Unis avaient signé le Traité de réduction des armes stratégiques. 

Au lieu de cela nous devons supporter les échanges stupides d’un américain aux cheveux jaunes et d’un Nord-Coréen avec la coupe au bol qui rivalisent pour dire qui possède le plus gros champignon. 

Bon le problème dans tout cela c’est que malheureusement cette horloge, tout le monde s’en fout un peu. Son impact semble aussi fort qu’un pétard mouillé. 

Alain Musset qui est géographe et auteur de Géofictions de l’Apocalypse, ne s’étonne pas du peu de réactions de notre espèce face aux dangers réels qui planent sur elle. Et selon lui l’Apocalypse n’est même pas à deux minutes de nous : nous y sommes déjà ! 

Souvenez-vous de la fable de la grenouille placée dans une casserole d'eau chauffée très progressivement. La grenouille s'engourdit pour finir ébouillantée. 

Nous sommes des grenouilles et la terre c’est la marmite. La situation critique liée au dérèglement climatique, semble par exemple totalement échapper à notre conscience. 

Souhaitons peut être qu’un jour prochain, l’Apocalypse nous apparaisse au sens de la « révélation » pour nous ouvrir les yeux, nous donner un bon coup de pied aux fesses histoire de nous donner envie de sortir rapido de la marmite. 

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