Ce matin dans l’édito carré vous allez nous aider à faire des économies en achetant moins de vitamines et de compléments alimentaires…

Les vitamines, comme les régimes d’ailleurs font partie de cette catégorie étrange pour laquelle le cerveau humain s’entête à ne pas vouloir entendre les messages que la science lui délivre. Cela ne sert souvent à rien mais tout le monde persiste dans la croyance qu’ils améliorent la santé d’un côté ou la silhouette de l’autre. 

Concernant les vitamines, les études montrent avec constance, l’inefficacité voire le danger de l’automédication de ces produits. Et c’est bien de cette catégorie dont je vais vous parler puisque certaines vitamines prescrites par les médecins sont très utiles.

Pourtant les compléments alimentaires et les vitamines séduisent beaucoup. 

Oui puisqu’ils nous promettent de combattre le stress, la fatigue et de favoriser beauté et performances intellectuelles ! 

Et les chiffres prouvent que nous sommes nombreux à y croire. Selon l’étude Nutrinet-santé, 15% des hommes et 28% des femmes déclarent prendre des compléments alimentaires au moins trois fois par semaine et 60% des personnes en consomment toute l’année. Or, ce type d’habitude est loin d’être anodin.

Une publication canadienne de l’université de Toronto qui vient de paraître, s’est interrogée sur l’efficacité des produits  les plus vendus dans les pharmacies, en l’occurrence la vitamine D, le calcium et la vitamine C. 

Hormis l’acide folique et la vitamine B qui diminueraient de 20% les risques d’AVC, les résultats montrent clairement que la supplémentation en vitamines et en minéraux n’a aucun effet sur la santé cardiovasculaire et sur la mortalité globale. 

Malgré les preuves pourtant suffisamment nombreuses déconseillant la supplémentation de routine, les ventes de ces produits augmentent chaque année. Rien qu’en France, le marché des compléments alimentaires génère plus d’un milliard d’euros par an. 

Et que ce soit pour prévenir le cancer, les maladies chroniques, le rhume et même la fatigue il est inutile, couteux et même dangereux d’en consommer.

Pourquoi dangereux ? 

Car pris à hautes doses, ces produits montrent de nombreux effets délétères. Dans les années 90, le bêta-carotène, un antioxydant souvent vendu avec la promesse d'une peau resplendissante et dorée, avait aussi révélé ses vertus anticancéreuses. 

Les médecins l’avaient donc prescrit pour protéger les populations à risque. Or quelques temps plus tard, des essais cliniques montraient que chez le fumeur, consommé à forte dose, le bêta carotène produisait l’effet inverse en aggravant le cancer du poumon. Son action bloquant le mécanisme normal de l’apoptose, la mort programmée des cellules malades. 

Chez la femme enceinte, la surconsommation de vitamine A expose le bébé à des malformations.

Faut-il donc interdire la vente de ces compléments alimentaires ? La question se pose et elle est souvent discutée. Selon le Professeur de nutrition Serge Hercberg, ces produits en vente libre devraient toujours être accompagnés d’avertissements. En attendant, plutôt que de vous ruiner en boite de perlimpinpin, prenez votre panier en osier pour le remplir abondamment de fruits et légumes dans lesquels vitamines et minéraux sont présents naturellement.  

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15% des hommes et 28% des femmes déclarent prendre des compléments alimentaires au moins trois fois par semaine et 60% des personnes en consomment toute l’année. © Getty
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