Apparues il y a plus de 500 millions d’années sur notre planète, ces boules de gélatine qui ont l’art de transformer nos baignades en cauchemar, n’en finissent pas de nous étonner.

 Méduse à l'envers à la surface, Cassiopea andromeda
Méduse à l'envers à la surface, Cassiopea andromeda © Getty / Reinhard Dirscherl / ullstein bild

Non content de nous empoisonner la vie dans tous les océans du globe avec leurs redoutables piqûres, cet animal marin sans cerveau, sans cœur et sans squelette, est pourtant passé maître dans l’art de développer des armes d’une incroyable efficacité pour chasser ses proies ! 

La méduse qui nous intéresse s’appelle "Cassiopea Xamachana". Une espèce assez originale puisqu’elle passe la plupart de son temps en position stationnaire dans le fond de l’eau, le corps à l’envers avec ses tentacules dirigés vers le haut. Cette méduse possède également entre ses bras, des algues microscopiques qui vivent en symbiose avec elle pour lui fournir une bonne partie de la nourriture dont elle a  besoin. 

Notre cnidaire se plaît à proximité des mangroves et des herbiers peu profonds, là où la mer n’est pas agitée. 

Voilà pour les présentations. 

Mais l’étude qui nous intéresse et qui vient d’être publiée dans la revue Communications Biology, vient lever le voile sur un phénomène bien connu des nageurs qui est celui de la sensation de "l’eau qui pique". 

Dans de nombreux endroits du globe en effet, les baigneurs peuvent ressentir des piqures désagréables sans pourtant apercevoir de méduses autour d’eux. 

La principale auteure de la publication, le Professeur Cheryl Ames, racontait au New York Times le mois dernier, que lors de plongées, elle ressortait régulièrement de l’eau couverte de piqûres urticantes. Et le même phénomène se produisait lors de manipulations dans les aquariums où se trouvaient ces méduses. Le Professeur Ames et ses collègues ont donc décidé de regarder l’animal de plus près…

Et qu’ont-ils découvert ? 

Et bien que Cassiopea Xamachana libérait des nuages de mucus pour piéger ses proies sans se déplacer. Lorsque les chercheurs ont regardé le mucus de cette méduse au microscope, ils ont observé des boules de cellules urticantes capables de s’auto-propulser. 

De véritables petites capsules de venin que la méduse peut dégoupiller à distance par centaines de milliers et expulser comme une grenade. On les appelle les cassiosomes. Cette arme dissuasive permet donc à cette méduse de repousser l’ennemi. Le mystère de "l’eau qui pique" pour les baigneurs a trouvé son explication. 

Et est-ce que ces boules de venin sont dangereuses ? 

Pas pour les humains. En revanche ces mini-bombes toxiques peuvent tuer de petites proies comme des crevettes ou des poissons. Les chercheurs ont également découvert des armes similaires chez d’autres espèces de méduses ce qui pourrait expliquer pourquoi les saumons dans les enclos d’aquaculture peuvent être malade et mourir pendant la prolifération de méduses sans pourtant jamais avoir été en contact direct avec elles. 

Une chose est donc sûr Nicolas : la méduse est un être sournois ! Et nous y reviendrons cet après-midi dans la Terre au carré. 

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