Ce matin dans l’Edito carré, des visites de musée prescrites sur ordonnance.

Une ordonnance vous prescrivant le Musée d'Orsay en piqûre
Une ordonnance vous prescrivant le Musée d'Orsay en piqûre © Getty / webkojak

Et c’est au Québec que ça se passe. 

Depuis la semaine dernière en effet, les membres de l’organisation Médecins francophones du Canada peuvent désormais prescrire à leurs patients et à leurs proches des visites au musée des Beaux-Arts de Montréal. Un projet pilote qui va permettre aux médecins de tester les bienfaits de ces prescriptions sur des patients atteints de maladies mentales ou physiques comme la dépression, l’hypertension ou le diabète. Les personnes recevant des diagnostics de cancer ou de maladies neurodégénératives peuvent elles aussi en bénéficier.  

Le musée des Beaux-Arts de Montréal s’intéresse depuis longtemps aux travaux des neurosciences et il s’est montré très ouvert à des expériences concernant le pouvoir de l’art sur les individus. Car notre cerveau comme notre corps peut entrer en résonance avec la beauté des œuvres.  

Au point de pouvoir soigner des personnes malades ? 

En tous les cas, cela peut leur apporter une aide précieuse et complémentaires aux traitements conventionnels. Les neurosciences ont montré que le corps sécrète des hormones semblables à celles issues de l’activité physique lorsque nous nous trouvons face à une œuvre d’art qui nous touche

Dans son ouvrage Portrait du cerveau en artiste, le neurologue Pierre Lemarquis explique qu’un tableau ou une sculpture peuvent induire un sentiment de bien être grâce aux couleurs ou aux proportions harmonieuses qui agissent sur nos émotions, notre humeur et notre créativité. Et tout comme la musique, les œuvres d’art peuvent soulager la douleur et stimuler la mémoire en déclenchant dans notre cerveau le système du plaisir et de la récompense.

Les équipes italiennes du Professeur Rizzolatti à l’origine de l’identification des neurones miroirs ont découvert que le simple fait de regarder un portrait comme celui de la Joconde activait dans le cerveau les circuits de la reconnaissance des visages, exactement comme si vous vous trouviez face à un être vivant.

Stendhal qui était un grand sensible a de son côté donné son nom à un syndrome décrivant le vertige qui s’empare de certains spectateurs dans les musées. Dans le récit de son voyage dans la basilique Santa Croce de Florence, il évoque une sorte d’extase avec accélération de son rythme cardiaque et suffocations face à la beauté sublime des œuvres. 

Combien de séances peuvent être prescrites aux patients Canadiens? 

Dans la première phase du projet jusqu’à 50 ordonnances pour des visites au musée des beaux arts de Montréal qui est devenu un véritable partenaire de la recherche en aidant les médecins à mesurer scientifiquement les effets de l’art sur la santé. 

En France cette démarche existe aussi avec des associations qui emmènent par exemple dans les musées des malades d’Alzheimer afin de contribuer à l'amélioration de leur qualité de vie ainsi qu’à celle des personnes qui les accompagnent au quotidien.

L’idée est la même : introduire du bien-être, du plaisir et des émotions tout en stimulant leurs capacités sensorielles. 

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