Une étude sur les conséquences de la montée des océans prévoit qu’avec une hausse annoncée d’un mètre d’ici 2100, le nombre de personnes menacées par la montée des eaux dans le monde sera au moins trois plus élevé que celui qui était estimé auparavant.

Le nombre de personnes menacées par la montée des eaux va augmenter
Le nombre de personnes menacées par la montée des eaux va augmenter © Getty / Michale Sevy

La scène se passe le 22 octobre dernier au Nord du Danemark. Le phare de Rubjerg Knude qui menaçait de s’effondrer en raison de la montée progressive du niveau de la mer fait l’objet d’une opération hors du commun retransmise en direct à la télévision.

Les autorités ont en effet décidé de le déplacer de 70 mètres pour éviter qu’il ne disparaisse englouti par les flots. Le transfert du colosse de 700 tonnes va durer 4 heures. 

Déplacement du phare de Rubjerg Knude : le phare, vieux de 120 ans, a été mis sur des roues et des rails pour tenter de l'éloigner à 80 mètres de la mer du Nord. La mer a érodé la côte et le phare se trouve actuellement à environ 6 mètres du rivage
Déplacement du phare de Rubjerg Knude : le phare, vieux de 120 ans, a été mis sur des roues et des rails pour tenter de l'éloigner à 80 mètres de la mer du Nord. La mer a érodé la côte et le phare se trouve actuellement à environ 6 mètres du rivage © AFP / Hans Ravn / Ritzau Scanpix

Ce phare symbolise à lui seul la vulnérabilité face à la montée des eaux et il fait écho à une publication parue la semaine dernière dans la revue Nature Communication et qui réévalue les conséquences de la hausse du niveau de la mer.

Et que dit cette étude exactement ? 

Qu’avec une hausse annoncée d’un mètre d’ici 2100, le nombre de personnes menacées par la montée des eaux dans le monde sera au moins trois plus élevé que celui qui était estimé auparavant.

C’est en effet pas moins de 190 millions de personnes qui devront être déplacées dans les prochaines décennies. Toujours selon cette même étude 300 millions de personnes pourraient affronter des inondations côtières au moins une fois par an d’ici à 2050. Et dans le pire des scénarios, jusqu’à 640 millions de personnes à la fin du siècle pourraient être concernées. 

Pour avancer ces chiffres, les chercheurs ont mis au point un nouveau modèle numérique d’élévation du niveau de la mer qui montre que de nombreuses côtes du monde sont bien plus basses que ce que l’on croyait. Et afin de visualiser les littoraux les plus vulnérables, les auteurs de l’étude ont réalisé une carte interactive permettant de découvrir les zones inondables du globe en fonction de plusieurs scénarios de réduction de gaz à effet de serre. 

Et quelles sont les régions les plus concernées ? 

Et bien c’est d’abord l’Asie qui sera la plus durement touchée et en particulier huit pays : la Chine, le Bangladesh, l’Inde, le Vietnam, l’Indonésie, la Thaïlande, les Philippines et le Japon. 70% des habitants menacés dans le monde sont concentrés dans ces huit pays ! Mais le nord de l’Europe serait aussi très touchée et la France ne sera pas épargnée. 

Un million d’habitants pourront être inondés chaque année en 2050, essentiellement en Loire-Atlantique, en Vendée, Charente-Maritime, Gironde, Seine-Maritime et Hauts de France. Selon Stéphane Costa, professeur à l’Université de Caen, c’est la moitié des côtes françaises qui est concernée par la montée du niveau de la mer. 

Et comment faire face à cette hausse ? 

Selon les auteurs de l’étude, la priorité absolue pour gérer la montée des eaux reste la réduction drastique des émissions de gaz à effet de serre. 

L’officialisation hier du retrait des Etats-Unis, deuxième émetteur mondial de gaz à effet de serre, de l’accord de Paris, montre que le chemin vers des politiques publiques très ambitieuses s’annonce particulièrement chaotique. 

La montée des océans ce sera le dossier de la Terre au carré cet après-midi.

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