La Convention citoyenne voulait faire passer la limitation sur autoroute de 130 km/h à 110km/h, avant que la proposition ne soit retoquée par Emmanuel Macron. Les citoyens affirmaient que cette baisse permettrait de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 20% sur autoroute. Mais est-ce vraiment le cas ?

Réduire sa vitesse sur la route, est-ce vraiment bon pour le climat ?
Réduire sa vitesse sur la route, est-ce vraiment bon pour le climat ? © Getty / mikroman6

Même s’il est tôt, je vous propose de faire un peu de physique (vous allez voir ça va aller). Imaginez-vous dans votre voiture lancé à 130km/h. Si vous passez la main par la fenêtre vous allez sentir… la force de l’air, les frottements contre lesquels votre voiture doit lutter en utilisant beaucoup d’énergie pour continuer d’avancer. Et, ça parait logique : plus on va vite, plus la résistance de l’air est importante, et donc plus on a besoin d’énergie (donc de carburant)

En réduisant la vitesse de 15%, à 110 km/h, on utilise moins d’énergie : -23% exactement, presqu'un quart, c’est beaucoup. Ça veut dire un quart d’émissions de CO2 en moins (qui contribuent au réchauffement climatique je le rappelle), et un quart de carburant en moins, donc moins de pétrole consommé, c’est bon aussi pour la planète. 

Mais cela à condition que la vitesse soit constante. Parce que sinon les choses se compliquent…

Les calculs ne sont plus du tout les mêmes quand on accélère ou décélère, ça prend justement beaucoup de jus, et c’est pour cela d’ailleurs que rouler en ville est ce qu’il y a de pire pour la consommation. Même sur nationale, avoir une vitesse constante pendant un temps long n’est pas forcément évident, donc on ne peut pas généraliser sur les bénéfices de la réduction de la vitesse. 

L’Ademe, l’agence de la transition écologique, écrivait même dans un rapport en 2014 que les résultats étaient dépendants des spécificités des axes et du comportement du conducteur, relevant parfois une hausse des émissions de CO2 malgré l’abaissement de la vitesse !

Et qu’en est-il de la pollution de l’air ?

Pareil, difficile de dégager une tendance : 20% d’oxydes d’azote ou de particules en moins sur autoroutes, dans le même rapport, mais parfois 30% en plus quand les axes deviennent encombrés. Vous voyez que ce n’est pas si simple… 

Cela dit, retenez quand même, pour répondre à la question de départ, qu’à grande vitesse ça vaut quand même le coup de lever le pied, et ça vous fera économiser en plus ! Mais je ne vous infligerai pas de mathématiques après la physique, il est encore beaucoup trop tôt !

L'équipe