Ce matin dans l’édito Carré, vous évoquez les grandes absentes des Prix Nobel…

Oui Nicolas car cette année encore les jurés du Nobel ont brillé dans leur régularité admirable à ignorer la moitié de la population mondiale. Sur les neuf récipiendaires cette semaine en médecine, physique et chimie, aucune femme n’a été récompensée ! Et depuis la création du Prix en 1901 : 17 seulement ont reçu un Nobel en science !

Ce qui me fait dire qu’à ce niveau-là, il ne faut plus hésiter à ranger ces Prix dans le rayon réservés aux déodorants en reprenant ce merveilleux slogan gorgé de testostérone: « Nobel, pour nous les hommes ! »

Cette récompense censée symboliser la science illuminant le monde, continue donc lamentablement à véhiculer l’idée selon laquelle les femmes ne sont pas faites pour ça ! Un signal catastrophique envoyé à toutes les filles qui délaissent encore abondamment les matières scientifiques.

Et comment expliquer cette situation ?

Les Nobel qui arrivent au bout de la chaine ne sont que le symptôme d’une situation où les choses restent encore totalement figées.

Et les chiffres sont implacables : à peine 1/3 des chercheurs en Europe sont des femmes et c’est pire dans les matières comme les maths et la physique.

Et plus on monte dans la hiérarchie scientifique et plus les femmes disparaissent : le fameux plafond de verre. 8% de femmes seulement sont à la tête des universités françaises ! Autant de lieux où la prise de parole leur est confisquée.

Tiens, amusons nous ce matin Nicolas avec les auditeurs à retrouver avant la fin de cet édito le nom de trois femmes scientifiques … je vous souhaite bonne chance…

Quels sont les freins qui expliquent ces inégalités ?

Le poids d’abord des stéréotypes de genre sur la place des femmes dans les sciences et puis les femmes elles même avec une capacité d’auto censure réelle. Le syndrome de l’imposteur chez les femmes fait des ravages. Une étude a montré que les hommes s’embarrassaient beaucoup moins avec les critères de compétences pour postuler à un emploi. Les femmes hésitent plus facilement à candidater.

Regardez aussi qui vient parler devant nos micros ? Les hommes en grande majorité. C’est pourtant à ces occasions qu’un scientifique peut faire connaître son travail au public et à la communauté.

A deux jours de la fête de la science, on ne peut donc qu’encourager les filles à prendre la parole dès que l’occasion se présente, sensibiliser les deux sexes à la question de la mixité et réfléchir à cette question très discutée des quotas.

Et puis du côté des membres du comité Nobel on serait en droit d’espérer une démarche largement plus couillue sur ces questions.

Alors vous les avez trouvées ces 3 femmes scientifiques Nicolas ?

Marie Curie…

et ensuite ? Difficile hein…

Compliqué dans ces conditions pour les filles de s’identifier à des modèles.

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