Ce matin dans l'édito Carré, une expérience hors du commun, une expérience de détox numérique lancée pendant une semaine par leur établissement avec prolongation le soir à domicile

Ordinateur, smartphone... stop ! Des bienfaits de la déconnexion digitale.
Ordinateur, smartphone... stop ! Des bienfaits de la déconnexion digitale. © Getty / Dimitri Otis

Oui et j’aimerais avoir en cette rentrée scolaire une pensée émue pour les élèves d’une école de filles de Stroud High dans le Sud-Ouest de l’Angleterre qui vont devoir rentrer en cours sans avoir le droit d’utiliser leur smartphone.

Oui vous entendez bien: interdiction toute l’année de sortir les téléphones portables pour ces adolescentes de 11 à 14 ans héroïnes des temps modernes.

Cette situation fait suite à une expérience de détox numérique lancée pendant une semaine par leur établissement avec prolongation le soir à domicile. Un véritable Kho Lanta digital !

Mais, malgré les réticences et les rires nerveux qui ont précédé cette sauvage aventure, l’école fait aujourd’hui figure de pionnière en matière de lutte contre les problèmes d’addiction numérique.

Car figurez vous que la très grande majorité de ces rescapées britanniques du portable a décrit après son régime sec, une baisse de son niveau de stress, le sentiment d’avoir plus de temps libre, de mieux dormir, d’être moins fatiguée et d’être plus rapide et efficace dans ses devoirs.

Un incroyable plébiscite de la part des étudiantes qui ont même demandé un contrôle renforcé de leur usage des réseaux sociaux.

Et cette expérience a été très commentée …

Oui car l’essai a fait mouche. Il a non seulement interpellé tous les utilisateurs compulsifs du portable… suivez mon regard…mais il a aussi corroboré les études scientifiques menées sur le cerveau des zombies du cellulaire. Des études qui soulignent des troubles de l’attention et un stress engendré par l’hyper connexion.

Il faut dire que les milliards de neurones de notre cerveau - qui ont pour fonctions de penser, percevoir ou entendre - s’accommodent assez mal du vagabondage mental engendré par les sollicitations permanentes.

Comme le précise le neuroscientifique Jean Philippe Lachaux - à la tête du projet ATOL centré sur la compréhension et l’attention dans des classes allant de la maternelle à la 1ère: « maîtriser son attention, c’est arriver à rester stable comme un gymnaste marchant sur une poutre »… hein petit scarabée !

Quels sont les conseils donnés justement par les spécialistes ?

Le numérique sollicitant en permanence notre attention, résister aux sirènes du Smartphone est essentiel et tout particulièrement pour les collégiens, à un âge où le cerveau en pleine maturation, tricote encore ses réseaux de neurones.

Apprendre à faire une chose à la fois est une bonne préparation à la concentration. C’est même la clef pour mémoriser, comprendre ce que l’on fait et éviter la surcharge cognitive.

Une autre idée est de travailler collectivement sur les mauvaises habitudes que nous partageons. En famille par exemple, cela peut commencer par le fait de prendre le repas du soir sans téléphone mobile et de le ranger avant d’aller au lit pour ne pas s’endormir avec.

Sans tomber dans les stages bidons de détox numériques ni entrer dans les ordres de l’église de la sainte déconnexion, développer son attention et entraîner sa concentration à la manière d’un muscle semble être un bon départ. L’occasion aussi de lever le nez de nos écrans, regarder le monde qui nous entoure et croiser les yeux de nos semblables.

Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.