Les insectes souffrent d’une sale réputation et d’un rejet quasi systématique. Pourquoi nous est-il si difficile d'avoir de l'empathie pour eux ?

Pourquoi avons-nous une si difficile relation avec les insectes ?
Pourquoi avons-nous une si difficile relation avec les insectes ? © Getty / Kaycna Wrrn Chay / EyeEm

Je ne sais pas si vous avez remarqué mais rare sont ceux qui ont envie de faire de la câlinothérapie avec une blatte ou d’héberger gracieusement une famille de moustiques pour s’en faire des animaux de compagnie. Non en règle général les insectes nous dérangent voire nous rebutent franchement.

Il y a quelques jours, Catherine Vincent dans le Monde tentait de comprendre « Pourquoi l’empathie pour les insectes est un art difficile ? ». Elle citait dans son article le philosophe Thierry Hoquet qui rappelait que si l’on mettait de côté des insectes nobles tels que les abeilles, ces animaux sont en général perçu comme des parasites ou des pestilences qu’il faut absolument éliminer car elles dérangent la finalité humaine. 

Et pourtant nous sommes conscients que les insectes nous sont indispensables

Et chacun de s’émouvoir de la disparition de ce que les entomologistes ont appelé le "syndrome du pare-brise" pour exprimer la quasi disparition des insectes sur les calandres de nos voitures. 

Une observation que les travaux scientifiques les plus récents ont confirmée : comme cette étude australienne publiée il y a quelques mois et qui indiquait que 40% des populations d’insectes étaient sur le déclin. En cause : l’urbanisation, la déforestation, la pollution et surtout l’agriculture intensive. 

Pourquoi ce désamour pour les insectes ? 

Catherine Vincent avance quelques explications pour tenter de comprendre ce phénomène. 

Parmi elles : le corps des insectes serait l’une des premières raisons. Divisé en trois segments distincts et recouvert d’un squelette externe, ce corps est souvent interprété comme une mécanique dépourvue d’âme selon le philosophe Thierry Hoquet. 

Les insectes nous apparaissent aussi comme des envahisseurs. Ils sont partout, en nombre infini et résistent aux conditions les plus extrêmes. Leur nombre et leur puissance seraient un frein à notre empathie. 

Pour François Terrasson du Muséum National d’Histoire naturelle, ce désamour correspond surtout à une conception de la nature occidentale et moderne. Nous sommes éduqués à la maîtrise et tout ce qui ne nous obéit pas, nous fait peur. Or poursuit le biologiste cette conception est à l’origine de la détérioration de la nature. Il faut donc démystifier les peurs en proposant d’autres imaginaires. Enseigner par exemple que le cafard est l’un des premiers êtres vivant sur Terre, histoire de substituer cette vérité à l’image du monstre crasseux des profondeurs. 

Quoiqu’il en soi une nouvelle cohabitation est nécessaire.

Comment l’appréhender ?  

On peut rappeler que ces animaux sont la cheville ouvrière de nos écosystèmes. Ce sont des pollinisateurs, des nettoyeurs et des prédateurs qui sont les premiers maillons de notre chaîne alimentaire. Ils nous sont indispensables et leur effondrement massif sur l’ensemble du globe pourrait mettre en péril le cycle même de la vie. Il faut donc agir rapidement, protéger la biodiversité et axer cette protection en priorité sur les insectes. Ce sera l’un des sujets de la Terre au carré cet après-midi. 

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