Ce matin dans l’édito carré, un phénomène qui prend de l’ampleur : la disparition des voitures dans les centres-villes.

Une journée sans voitures à Paris
Une journée sans voitures à Paris © Getty / Owen Franken/Corbis

Depuis la semaine dernière, la ville de Madrid a donné le feu vert et a lancé son dispositif draconien de restriction du trafic automobile dans ses quartiers historiques avec une interdiction à toutes les voitures à l’exception des véhicules électriques et ceux des résidents. L’ambition de la capitale espagnole est de réduire la pollution et le bruit tout en augmentant les zones piétonnières et l’usage de la bicyclette et des transports en commun.

Cette initiative s’inscrit dans un vaste mouvement mondial avec des villes de plus en nombreuses à expérimenter avec succès l’interdiction des voitures. Et si l’on en juge par les résultats positifs, la vague de fond qui déferle n’est pas prête de s’arrêter.

Quelles villes sont concernées ? 

Les villes italiennes ont été pionnières en la matière dès les années 70. Ferrare, dans le delta du Pô, a été la première à fermer son centre-ville aux voitures, en créant une ZLT : une zone à trafic limité. Résultat : une réduction par cinq du nombre de véhicules !! 

Citons aujourd’hui, Copenhague qui, pour la première fois l’année dernière, a enregistré un nombre plus important de déplacements à vélo qu’en voiture. 60% des habitants de la capitale danoise vont désormais travailler à bicyclette. 

Oslo élimine aussi progressivement le stationnement dans ses rues et ce sont ses quartiers sans voitures qui attirent le plus de visiteurs locaux et de touristes. 

Mais plus inattendu, les Etats-Unis, où la voiture fait figure de reine indétrônable, enregistrent une progression spectaculaire des déplacements à vélo. A Washington DC, San Francisco ou à New York, ils augmentent de plus de 10% chaque année. Une véritable révolution ! 

De façon globale, la voiture perd du terrain dans le centre de toutes les grandes villes occidentales.

Et en France ? 

Et bien, malgré certaines apparences, le trafic automobile se réduit également. 

L’économiste des transports et urbaniste Frédéric Héran rappelle un chiffre peu connu pour la capitale : depuis 1990 Paris intra muros a déjà réduit de moitié la place de la voiture. Seul 10% de l’ensemble des déplacements y compris la marche se font aujourd’hui en voiture particulière. 

Les études montrent que les villes avec moins d’autos gagnent sur de nombreux points comme lapollution, la santé publique, les accidents, le bruit et la consommation d’espace. Les voitures avec leurs places de stationnement occupent jusqu’à 60% de l’espace urbain.  

Les capitales comme Paris ou Bruxelles qui organisent des journées sans voiture enregistrent ces jours-là une baisse du niveau du bruit de 5% et une chute d’un tiers du dioxyde d’azote dans l’air à proximité des grands axes routiers. 

Si la ville débarrassée de toutes ses voitures semble être une douce illusion, leur réduction dans les zones particulièrement denses devrait permettre aux piétons de repartir à la conquête de l’espace urbain mais tout en en acceptant les véhicules indispensables au fonctionnement de la ville. 

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